Inspiration : Eleanor Roosevelt

Eve, Le Blog Inspirations

Chaque mois, le webmagazine EVE vous propose une citation inspirante pour nourrir la culture de la mixité, donner du souffle à l’esprit du leadership équilibré et du sens au changement.

En ce mois de juin 2017, la parole est à Eleanor Roosevelt :

 

 

Une vision « empowerment » de la condition des femmes

Eleanor Roosevelt

A de multiples titres, la first lady la plus populaire de l’histoire américaine nous inspire.

Sensibilisée dès sa jeunesse à la cause féminine par la pédagogue française Marie Souvestre qui dirige l’école londonienne où est scolarisée Eleanor, celle qui épouse en 1905 Franklin D. Roosevelt, a des convictions ancrées sur l’indépendance des femmes. Cette contemporaine de Virginia Woolf s’inscrit dans un mouvement intellectuel parallèle au combat militant pour les droits politiques (dont celui de voter et de se présenter aux élections) qui pose la question de l’épanouissement individuel des femmes, de leur pouvoir de création et de réalisation, de leur visibilité dans l’espace social et préfigure la réflexion sur l’empowerment

 

Faire réseau pour mettre la question de l’égalité à l’agenda

6 mars 1933 – 1ère conférence de presse des femmes journalistes

Quand Franklin est élu Président des Etats-Unis en 1933, Eleanor prend d’emblée des initiatives pour imposer un périmètre et un style à la fonction de Première dame  : elle institue une conférence de presse hebdomadaire réunissant exclusivement les femmes journalistes et tient la première de ces réunions deux jours avant la conférence de presse générale du Président.

37 femmes de médias sont au rendez-vous, parmi lesquelles Lorena Hickok (qui deviendra une très proche, entretenant avec Eleanor Roosevelt une correspondance riche de plus de 3300 lettres entre 1933 et 1962), Ruby Black (militante de l’accès des femmes aux métiers de l’éditorial et première femme américaine à avoir obtenu le droit d’utiliser son nom de naissance sur ses papiers d’identité), Bess Furman (première femme de presse accréditée à la Maison blanche), May Craig (membre active du Women’s National Press Club, réseau de femmes journalistes), Emma Bugbee (qui a couvert pour le New york Herald les manifestations pour le suffrage féminin) ou Martha Stayer (qui va se faire l’inlassable script des 348 conférences de presse qu’Eleanor Roosevelt donnera durant les mandats de son mari)…

Le ton est donné : Madame Roosevelt ne sera pas une voie d’accès au Président, mais compte sur les médias pour mettre à l’agenda les causes qui sont les siennes. Parmi ces causes, la condition des femmes, en premier lieu, et de façon plus générale la lutte contre les inégalités.

 

Oser être soi-même et affirmer ses convictions

Sa conviction principale, concernant les femmes, est qu’elles sont capables et fortes, et qu’il suffit de leur faire la place qu’elle mérite pour que se révèle l’étendue de leurs compétences, de leurs talents, de leur leadership. L’un des mots les plus célèbres illustrant cette position est : « a woman is like a tea bag, you can’t tell how strong she is until you put her in hot water« . Autrement dit, que les femmes aient accès aux voies navigables du pouvoir et plongent dans le grand bain! De l’audace, de l’audace et encore de l’audace, attend Eleanor Roosevelt des femmes. Et d’affirmer que personne ne peut les faire se sentir inférieures sans leur consentement (« No one can make you feel inferior without your consent« ).

 

Pour cette sociale-libérale, l’action politique en direction des individus consiste à lever les interdits : charge ensuite à chacun.e de prendre son destin en main, en conscience aiguë de son pouvoir et de son devoir personnels de contribution aux affaires de l’humanité (« Remember always that you not only have the right to be an individual, you have an obligation to be one« ). Que vous soyez agissant.e ne plait pas à tout le monde? Qu’importe! « Do what you feel in your heart to be right. You’ll be criticized anyaway« . L’invitation à défier, s’il le faut, les codes pour faire valoir ses profondes convictions, est encore renforcée pour les femmes : « Well behaved women rarely make history« .

 

 

Marie Donzel, pour le webmagazine EVE.