Octave #5 : une édition 2016 stimulante comme jamais!

bargeo Responsabilité Sociale

 

Du 12 au 14 avril 2016 se tenait à Evian, la 5è édition du Programme Octave.

Vous savez, le Programme Octave, c’est ce petit frère du Programme EVE qui (à l’instar de son aînée qui pose la question des effets challengeant pour les organisations de la montée en puissance des femmes) instruit les impacts de la transformation digitale propulsés par de nouvelles relations intergénérationnelles.

248 participant.es étaient au rendez-vous fixé par 7 grandes entreprises partenaires (Danone, Engie, L’Oréal, Airbus, Société Générale, Orange et Bristol Myers Squibb). Conçu sur la même dynamique inspiration/respiration comme le Programme EVE, ce 5è séminaire Octave a été celui d’un intérêt enthousiaste pour les questions d’innovation, de mutations culturelles du monde de l’entreprise, de renouvellement des visions et façons de faire du management et du leadership.

Le tout, dans l’ambiance bienveillante et stimulante qui signe la marque des Programmes de leadership interentreprises initiés et développé par l’équipe d’Anne Thevenet-Abitbol et ses partenaires privilégiés.

 

 

J 1 : 4 générations en résonnantes vibrations dans un monde en transformations

Savez-vous pourquoi le Programme Octave se nomme ainsi? C’est une référence à l’univers de la musique : au moment de la conception de ce Programme, le constat a été fait que dans les schémas classiques d’organisation, on ne comptait quasiment que sur une génération (celle des 35-50 ans), se privant du talent des octaves les plus aiguës (les jeunes) et les plus graves (les seniors). Mais à quel.le compositeur/compositrice viendrait l’idée d’étriquer ainsi sa partition, quand tout un large panel de vibrations est à sa disposition ?

 

C’est par cette métaphore de l’harmonie désirable et du frottement créatif entre générations qu’Anne Thevenet-Abitbol et Christine Descamps ont ouvert la 4è édition d’Octave.

Dans la foulée, c’est à Tammy Erickson, professeure-chercheure à la London Business School qu’elles ont laissé la scène de la Grange au Lac pour un état des lieux des générations en présence dans la sphère professionnelle.

Ce sont 4 et bientôt 5 « octaves » qui des boomers à la genZ, en passant par les X et les Y, se côtoient dans l’entreprise, venant avec des expériences différentes de la vie, des attentes diverses à l’égard du travail, des habitudes et des cultures dissemblables et leurs modes relationnels bien à elles.

Bien sûr, pas question de « stéréotyper » les générations et d’enfermer chaque individu dans sa classe d’âge, mais une utile démarche de compréhension fine des « cordes sensibles » de chaque cohorte pour mieux saisir ce qui peut faire friction mais aussi être orchestré/managé avec subtilité pour que toutes et tous bénéficient des apports des uns.es et des autres et puissent pleinement participer au concert.

 

Tout de suite après, c’est par une illustration concrète du pouvoir de la coopération intergénérationnelle que la matinée s’est poursuivie : en matière d’environnement, la collaboration de ceux qui ont vu les changements s’opérer, de ceux qui sont aux prises aujourd’hui avec les défis écologiques, de ceux qui pour qui la préservation des ressources est une valeur profondément inscrite dans les mentalités et de ceux qui veulent concrétiser le nouveau monde est parfaitement indispensable.

C’est l’exemple, parlant pour toutes et tous, que Robin Chase, pionnière de l’économie collaborative, a choisi d’explorer avec les participant.es pour dire l’importance de se considérer en « pairs » et associé.es, quelles que soient nos différences, pour relever les grands challenges d’aujourd’hui et demain.

 

Dans l’après-midi, après les désormais traditionnels séquences ateliers des Programmes interentreprises, le prospectiviste Jeremy Rifkin, Président-fondateur de la Foundation on Economic Trends, a repris sur la même tonalité, annonçant l’émergence d’un nouveau système économique mondial : le Collaborative Commons.

Impulsé par le phénomène de l’érosion du coût marginal (déjà très palpable dans les secteurs de l’information et des données), ce modèle conteste l’hégémonie de la production matérialisée, ce qui laisse prévoir la naissance et le déploiement d’une économie hybride mixant les caractéristiques des marchés classiques avec la culture, foncièrement collaborative et parfois passablement « hackeuse » de l’univers des « Commons ». Le changement pourrait donc bien devenir permanent, ce qui ne fait que replacer au premier rang des compétences les postures d’agilité, d’ouverture d’esprit et peut-être aussi de générosité.

 

Deux pauses « vibration » (avec la chanteuse lyrique Perrine Hanrot et le « maître en bien-être » Martial Vidaud) et un dîner convivial plus tard, les participant.es d’Octave 2016 ont regagné la Grange au Lac pour écouter le conte d’une aventure exploratoire.

Celle de l’entreprise libérée qu’Alexandre Gérard, PDG de Chronoflex, mène depuis 2010. Son pari pas si fou, d’installer un climat de confiance et de reconnaissance, débarrassé du management par le contrôle et des routines emprisonnantes, a été remporté : l’activité de l’entreprise s’est formidablement développé à mesure que la qualité de vie au travail s’épanouissait. Et au-delà de sa seule structure, ce sont des impacts sociétaux qu’il mesure aujourd’hui, en observant les effets sur toutes ses parties prenantes d’un leadership réinventé.

 

 

 

J2 : Toutes et tous atypiques et plus innatendu.es qu’on le croit!

C’est à Franck Riboud qu’est revenu l’honneur d’ouvrir la seconde journée d’Octave 2016. Adepte assumé du « frottement constructif », le Président du Conseil d’Administration de Danone a célébré l’atypisme, dans toutes ses dimensions : pour lui, le talent n’a ni âge, ni sexe, ni origine, ni diplôme.

Mais il se lit dans la capacité des individus à se mettre en question, à apprendre incessamment des autres, à se changer soi-même pour contribuer à changer le monde, à la mesure des « petites histoires » qui font les grandes sagas humaines.

 

Khuyen Bui, étudiant en 2è année à la Tuffts University et déjà administrateur du South East Asia Leadership Network, lui a emboîté le pas.

Ce jeune discipline de Peter Drucker et franc amateur des positions contre-intuitives a célébré l’art du bordel ! Ou comment, pour le dire moins trivialement, il faut cesser de croire que s’organiser est un préalable à tout, quand il y a de la vraie joie et une authentique force de créativité dans l’acceptation du désordre de ses propres idées et de son contexte!

 

Dans l’après-midi, Claude Onesta, entraîneur de la légendaire équipe des « Experts » qui, avec 8 titres dans des compétitions internationales majeures, détient le plus beau palmarès de tous les temps dans ce sport, a présenté sa philosophie de l’engagement, de la motivation et l’esprit de l’équipe.

Il n’ a pas la langue dans sa poche, celui qui s’exclamait en janvier dernier dans une interview « La performance en soi, on s’en fout », mais il a surtout une vraie vision de ce que réussir veut dire, par-delà le mot-valise et les clichés qu’il charrie. Convaincu de longue date de la force de la diversité et du nécessaire respect des singularités, c’est sur l’art subtil d’un vivre-ensemble joyeux et empreint de vrais sentiments pour autrui que compte Onesta pour permettre l’accomplissement concomitant des individus et de l’équipe. Une leçon de management positif!

 

… Et une transition parfaite pour la plénière de Jean-Edouard Grésy, co-fondateur du cabinet AlterNego, sur l’art et la science de la saine conflictualité.

L’anthropologue du droit, expert des règles non écrites avec lesquelles nous jouons parfois sans même nous en rendre compte, a offert une lecture réjouissante des enseignements de Marcel Mauss sur le don.

Créateur de lien social avant tout, ce don qui appelle contre-don est, contrairement à ce que certaines interprétations l’ont parfois résumé, l’antithèse même d’un utilitarisme comptable : il demande des qualités humaines majeures de générosité, de gratitude, d’acceptation, d’empathie et d’endurance à la relation.

 

 

J3 : Être soi, avec les autres…

La cinquième édition du Programme Octave s’est achevée le jeudi 14 avril… En démarrant en fanfare, avec une plénière de l’inénarrable Thomas d’Ansembourg, à qui l’on doit l’introduction de la Communication Non Violente en Europe.

Celui qui prône une écologie responsable des rapports humains passant par une hygiène d’acceptation de soi a évidemment séduit toute l’assemblée des Octavien.nes.

De formules bien balancées en anecdotes savoureuses ou bien poignantes, de métaphores telluriques en réjouissants traits d’esprit, c’est à un « être soi » pacifié qui seul autorise le rapport vraiment humanisé à autrui qu’a invité Ansembourg…

 

Chacun.e est reparti.e du séminaire Octave enchanté.e, en témoignent les nombreux messages d’optimisme diffusés sur les réseaux sociaux et/ou directement adressés à l’équipe organisatrice. Pour cette dernière, la fierté est d’avoir, en 3 jours, formé près 250 « change makers » de plus, qui contribuent à une communauté forte de ses diversités et en capacité accrue d’agir pour le bien collectif.

 

 

 

Marie Donzel, pour le blog EVE. Avec Valérie Amalou, Noémie Messéan et tous les participant.es, via le livetweet #Octave2016 et le storify.

 

 

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