Les 5 actus égalité pro/leadership féminin à retenir d’octobre 2016

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Chaque mois, le webmagazine EVE vous propose sa sélection commentée d’actus marquantes sur le front de l’égalité professionnelle et du leadership équilibré.

 

Le chiffre du mois : 170 ans…

C’est le temps qu’il faudra encore attendre, selon le rapport 2016 sur la Parité du Forum Économique Mondial, pour parvenir à l’égalité femmes/hommes, si des moyens efficaces ne sont pas rapidement mis en œuvre pour garantir l’équité salariale (restant le 1er facteur d’inégalité), accroître l’insertion des femmes dans l’économie formelle et offrir aux deux sexes des opportunités d’évolution professionnelle et d’accès aux responsabilités similaires.

Le rapport est alarmiste, qui signale qu’après une phase de réduction des écarts entre 2008 et 2013, le gender gap se creuse à nouveau depuis. A ce rythme, ce n’est pas avant l’an 2186 a minima que femmes et hommes bénéficieront d’un traitement équivalent. Et pour mieux marquer les esprits, Le Forum Economique Mondial met en ligne un calculateur qui permet à chacun⋅e d’évaluer, selon son sexe, sa date de naissance et son pays, l’âge qu’elle ou il aura le jour où l’égalité sera une réalité.

 

Le pays du mois : l’Islande, pionnière et modèle des progrès de l’égalité réelle

Indélogeable leader du classement du Forum Economique mondial et récemment élu meilleur endroit du monde pour les femmes au travail par The Economist, l’Islande aura pas mal fait parler d’elle le mois dernier.

D’abord, à l’occasion d’un coup de projecteur sur la figure remarquable de Vigdís Finnbogadóttir, au moment de sa nomination au titre de Dr Honoris Causa par l’UPMC et Paris Sorbonne. Première femme du monde à avoir été élue chef.fe d’Etat au suffrage universel, celle qui est aujourd’hui ambassadrice de bonne volonté pour l’UNESCO a combattu toute sa vie pour l’accès à l’éducation et à la culture du plus grand nombre, avec un accent tout particulier porté à la condition des jeunes filles.

L’Islande a toutes les raisons d’être fière de son statut de modèle international des progrès de l’égalité. Néanmoins, la partie n’y est pas complètement gagnée. En témoigne le mouvement suivi par plusieurs milliers de femmes qui, le 24 octobre, ont cessé le travail à 14h38 pétantes, pour dénoncer la persistance d’écarts de rémunération qui, de fait, les amènent à travailler « gratuitement » chaque jour 2 heures 22 de plus que les hommes.

Fortement suivie, la manifestation a inspiré les Françaises qui, à l’initiative du collectif les Glorieuses, ont à leur tour annoncé une « grève » du travail non rémunéré, le lundi 7 novembre à partir de 16h34.

 

 

Le coup de g*** du mois : #WeAreMoreThanShoes

Les femmes d’outre-manche ont également protesté contre les inégalités de traitement au cours de ce mois d’octobre. Tout est parti de la légende d’une photo zoomée des stilettos de la Première Ministre Ecossaise : « It looks as if Theresa May has a rival in the political shoes stakes with Nicola Sturgeon wearing these for her Brexit meeting ». Ou comment le débat politique, quand il oppose deux femmes est interprété comme une compétition de hauts talons en variante urbaine du crêpage de chignons.

L’association 50 : 50 qui promeut la parité au Royaume Uni, a aussitôt lancé la riposte sur les réseaux sociaux en invitant les femmes actives à poster des photos de leurs chaussures assorties du hashtag #WeAreMoreThanShoes. Elles ont été des centaines à répondre à l’appel pour dire qu’il était temps de regarder les femmes avec plus de hauteur.

 

La campagne du mois : Paritol, le vaccin pour augmenter sa tolérance aux femmes dans les CA

C’est la compagne de communication choc qui a été lancée par Lucille Desjonquères, Présidente de l’Association International Women forum France, pour rappeler aux dirigeant⋅es qu’il ne leur reste que très peu de temps pour se mettre en règle avec les dispositions de la loi Copé-Zimmermann. En effet, au 1er janvier 2017, les conseils d’administrations des entreprises devront être constitués au minimum de 40% de femmes, contre actuellement 28% dans les sociétés cotées et 14% dans les sociétés non cotées de plus de 500 salariés.

Allez, hop, une bonne cure de Paritol et l’on prévient ses accès de cécité (un problème de plafond de verre, où ça, où ça ?), ses poussées de repli sur l’entre-soi et même ses dermites fulgurantes au contact d’une femme ambitieuse. Il est temps de soigner les réticences au partage des responsabilités pour une meilleure santé de l’économie et de la société !

 

Le débat du mois : l’ONU a-t-elle fait le bon choix d’égérie avec Wonder Woman ?

Pour sa campagne annuelle de promotion de l’émancipation des femmes, l’ONU a choisi une égérie qui soulève moult débats : Wonder Woman.

La créature, née de l’imagination de William Marston il y a 75 ans, est par beaucoup perçue comme l’incarnation même de la femme objet, avec ses mensurations improbables et ses postures sexys. Avec ça, elle représenterait un girl power individualiste réduisant la notion d’empowerment à la figure de la femme puissante, quitte à complexer celles des femmes bien réelles qui aspirent seulement à être acceptées comme elles sont sans avoir à montrer des capacités de super-héroïnes.

Quelques-un.es rappellent à l’opposé que Wonder Woman a été précisément créée pour nourrir la pop-culture occidentale de rôles modèles alternatifs à la figuration masculine de l’héroïsme et qu’elle a, à sa façon, contribué à l’émancipation des femmes en popularisant le discours sur le travail et l’indépendance, mais aussi sur la liberté de choix et la liberté sexuelle. Pour ses défenseur⋅es, Wonder Woman a encore eu le mérite d’ouvrir la voie à d’autres figures féminines de l’imaginaire collectif : de Miss Marvel à Daenerys la Reine des Dragons, en passant par Lara Croft, Buffy ou Xéna la princesse guerrière.

 

Elina Vandenbroucke et Marie Donzel, pour le webmagazine EVE.

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