Trois questions à Régis Chemouny, associé KPMG, créateur du think tank « Gend’her » pour la parité au travail

Eve, Le Blog Actualité, Dernières contributions

Au sein de KPMG France, la parité est un enjeu stratégique et fait partie des objectifs à atteindre. Les femmes s’y sont toujours engagées, mais il faudrait augmenter encore plus l’implication des hommes dans cette initiative – un constat fait par Régis Chemouny, Associé, Responsable du secteur Immobilier et Hôtellerie de ce cabinet. Pour répondre à ce défi d’une mixité porteuse de performance collective, il a lancé un think-tank dédié : « Gend’her ».

Pourquoi avez-vous créé le think tank « Gend’her » ?

Le think tank « Gend’her » est né du constat de la sous-représentation des femmes dans cette industrie immobilière.

Toutes les associations travaillant sur la mixité sont composées majoritairement de femmes, à destination d’autres femmes. Mon challenge est d’impliquer les hommes dans le sujet, de les intégrer dans la réflexion, la discussion et l’action.

Dès la création de « Gend’her », j’ai voulu que nous fassions une première étude sur la parité. Nous avons sorti un baromètre, qui a mesuré la représentativité des femmes dans les instances dirigeantes du secteur immobilier. Ce baromètre a été très suivi par les médias. Certains dirigeants ont revu leur comité de parité, qui n’était constitué que de femmes. Je pense que nous avons été un incubateur d’idées. Nous avons capté une tendance de fond.

Comment le think-tank « Gend’Her » s’inscrit-il dans le contexte KPMG ?

Tout d’abord, cette initiative n’est qu’une déclinaison sectorielle, puisque l’ADN de KPMG France est marqué par la prise de conscience de la parité. Nous avons un engagement fort depuis plus de 10 ans, avec le lancement en 2008 du projet Diversité Femmes Hommes.

L’égalité n’est pas un sujet seulement pour KPMG, c’est un sujet de société. Une étude récente a montré que les 5 métiers les plus importants en termes d’emploi en 2022 seront des métiers fortement féminisés.

Soulignons l’exemple de la chercheuse française Esther Duflo, prix Nobel de l’économie cette année, qui a milité lors de ses voyages pour qu’il y ait plus de femmes dans les comités de direction, dans les représentations des villes… Elle, qui était contre la discrimination positive, avait quand même sollicité les autorités politiques pour qu’elles instaurent des quotas. Finalement, même si les gens sont contre, ils se rendent compte que les fonctions assumées par des femmes sont aussi bien faites – voire mieux faites.

 

Comment médiatiser ce sujet ?

Le premier objectif du think tank « Gend’her » était de réunir 25 grands dirigeants autour de la table régulièrement. Un petit déjeuner thématique est organisé tous les deux mois. Nous avons déjà travaillé sur des éventuelles sources d’inspiration à l’international, avec un invité de l’OCDE, par exemple. Peu après, nous avons reçu des recruteurs pour savoir ce que leurs clients demandaient en matière de recrutement.

La dernière rencontre a été très inspirante puisque nous avons invité les auteurs du « Rapport agir pour la parité », de l’Institut Montaigne avec des propositions concrètes.

L’incidence grandissante des posts du think thank Gend’her sur les réseaux sociaux témoigne de l’intérêt de cette industrie pour ce sujet.

 

Propos recueillis par Marcos Fernandes, pour le webmagazine EVE

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