Les femmes des chemins de fer : toute une histoire !

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Depuis plusieurs décennies, SNCF mène une politique volontariste pour la mixité, l’égalité professionnelle et le recrutement des femmes. Aujourd’hui, elles occupent des postes dans toutes les filières et à tous les niveaux hiérarchiques mais l’évolution du statut des femmes dans le secteur au cours des deux siècles derniers nous montre que l’histoire s’est construite pas à pas et est encore en marche.

EVITER TOUT DÉSORDRE DANS LES BONNES MŒURS !

En 1866, au temps des compagnies ferroviaires, « ancêtres » de SNCF, les femmes ne représentent que 7,4 % des employé·e·s. De façon générale, les avis sont plus que réservés au 19ème siècle sur l’emploi féminin. Les ouvriers craignent une concurrence, voire une menace, pour leur propre emploi. C’est aussi l’opinion des femmes au foyer, notamment celles issues de la bourgeoisie, qui tiennent à ce que leur fonction de ménagère et éducatrice soit valorisée. On redoute aussi de compromettre la discipline et la morale avec la réunion de personnes des deux sexes dans des locaux communs.

Avec le développement des lignes de chemins de fer, les besoins en main d’œuvre s’intensifient. De nombreuses veuves d’agents restent sans ressources suite au décès de leur mari pendant le service, souvent du fait d’accident du travail. Pour leur venir en aide, les directeurs des compagnies estiment malgré tout préférable de « remplacer une aumône toujours insuffisante et pénible à recevoir par un travail honorable », faisant au passage des économies substantielles, le personnel féminin étant à l’époque une main d’œuvre à (très) bas coût. Avec l’introduction des femmes au travail dans les chemins de fer, les compagnies découvrent en effet qu’elles font une excellente affaire. Elles sont efficaces et sérieuses, ne boivent pas et leur résistance physique est tout aussi bonne que celle des hommes.

LES PLUS ANCIENS MÉTIERS FERROVIAIRES OCCUPÉS PAR DES FEMMES

A l’origine, les emplois ferroviaires des femmes sont cantonnés à certains métiers dont le plus emblématique est sans doute celui de garde-barrière, entré dans la mythologie grâce au cinéma et à la littérature.

Avec la révolution industrielle, les femmes accèdent à d’autres types de métiers et leur importance numérique croît d’année en année.  Elles restent néanmoins limitées aux échelons les plus bas, occupant des fonctions liées à la propreté telles que « préposées à la salubrité des lieux d’aisance » dans les gares, ou administratives comme les travaux de caisses et de bureaux. Elles sont par exemple, « receveuses de billets », « factrices aux écritures », « bibliothécaires « (c’est-à-dire vendeuses de livres et de journaux) et sont sous-payées.

Les deux guerres mondiales, en privant les compagnies des hommes partis au front, feront bondir les effectifs… Qui rechuteront dès les conflits terminés. Un chemin aura cependant été ouvert dans les mentalités.

Après 1945, les transformations amorcées sont profondes dans l’esprit des femmes comme dans celui des gouvernants. La constitution de 1946, garantit (enfin) aux femmes des droits égaux à ceux des hommes. Elles comptent enfin dans la vie civile en ayant obtenu le droit de votemais ce n’est qu’à l’aube des années 1960 que l’activité professionnelle des femmes explose. Il faut dire que la reconstruction, puis les « trente glorieuses » entraînent un besoin accru de main-d’œuvre.

Ce n’est que vers la fin du 20ème siècle que le cœur du système ferroviaire, le monde de la traction et de l’exploitation, des dépôts, des cabines d’aiguillage et les postes à haute responsabilité s’ouvrent aux femmes.

Encore aujourd’hui, le taux de féminisation masque de vraies disparités : les femmes sont surreprésentées dans les métiers commerciaux et les fonctions transverses et restent sous-représentées dans les métiers de conduite ou à la SUGE …

En 2012, la SNCF a créé son réseau SNCF au Féminin pour promouvoir la mixité et le recrutement dans les domaines techniques et combler les disparités. Ce réseau compte aujourd’hui plus de 7 500 membres. C’est le premier réseau mixité d’entreprise en France.

QUELQUES PIONNIÈRES

Blanche Le Thessier : première femme cadre supérieure

Née en 1897, centralienne, ingénieur des Arts et Manufacture, licenciée ès sciences et en droit. Quand elle part à la retraite en mai 1953, ingénieur en chef à la Division des Etudes de voitures et wagons, elle est la seule femme fonctionnaire supérieure de SNCF.

 

 

1983 : Sylvie Guedeville : première femme conductrice de TGV

L’accession à ce type de métier fut permise par Valéry Giscard d’Estaing en 1976 qui a mis fin lors de son mandat à l’interdiction faîtes aux femmes d’accéder au travail en 3X8.

 

 

1991 : Mireille Faugère, première femme directrice d’une grande gare  (Paris-Montparnasse)

 

 

 

 

 

 

 

 

2006 : Anne-Marie Idrac, première Présidente de SNCF