Trois bouquins qui font du bien… Au leadership au féminin

Eve, Le Blog Egalité professionnelle, Leadership, Rôles modèles

La sélection d’avril 2014

 

Le blog EVE partage ses coups de coeur et enrichit jour après jour les rayonnages de la bibliothèque idéale du leadership au féminin.

Vous avez rendez-vous une fois par mois avec notre chronique livres : « Trois bouquins qui font du bien… Au leadership au féminin ».

Ce mois-ci, outre la parution de La vie en rose, le dernier ouvrage de Brigitte Grésy, nous avons repéré :

 

 

 

Ces femmes qui ont réveillé la France, de Jean-Louis Debré et Valérie Bochenek (éd. Points)

 

2% seulement des rues de France portent le nom d’une femme (étude Soroptimist, janvier 2014). Pourtant, elles sont nombreuses à avoir, au cours des siècles écoulés, apporté leur contribution essentielle aux progrès politiques, économiques, scientifiques, culturels et sociaux de la nation. Il est donc grand temps de (re)découvrir ces figures féminines majeures de l’histoire qui sont autant de modèles inspirants pour toutes celles qui veulent participer à leur tour au changement.

Ce sont, parmi les plus connues, des Olympe de Gouges, des Louise Michel, des Marie Curie ou des Simone Veil que racontent par le menu de leur riche existence et de leurs fondamentaux combats, l’homme politique Jean-Louis Debré et la femme de théâtre Valérie Bochenek.

Mais les auteur-es de Ces femmes qui ont réveillé la France donnent aussi à lire la fascinante histoire d’une moins célèbre Elisa Lemonnier, fondatrice de l’enseignement professionnelle pour jeunes filles, d’une Marie-Louise Jaÿ, fondatrice du grand magasin La Samaritaine, d’une Hubertine Auclert, suffragiste et pionnière de la féminisation des noms de métier (entre autres objets de promotion de l’égalité femmes/hommes), d’une Marguerite Durand, femme de presse engagée, d’une Louise Weiss, parmi les mères de l’Europe…

Autant de destins passionnants incarnés dans des portraits d’une remarquable finesse de traits, à lire et à faire lire pour ne plus jamais dire « des femmes à glorifier, on en a bien cherché, mais on en n’a pas (beaucoup) trouvé.« 

 

 

Lire aussi :

– Notre billet consacré à « l’effet Matilda » sur l’invisibilisation des femmes dans l’histoire de la science

– Notre interview des comédien-nes de la pièce « Olympe de Gouges, porteuse d’espoir »

 

 

Follett, un management au service de la société, d’Emmanuel Groutel (éd. Humanisme & organisations)

 

Vous lisiez il y a quelques jours notre article consacré à la grande Mary Parker Follett, pionnière des théories des organisations, que l’histoire du management a littéralement « oubliée » au cours du XXè siècle.

Follett revient depuis quelques années dans la lumière, à la faveur des travaux de différentes personnalités du monde de la recherche et de l’entreprise qui oeuvrent à la faire (re)connaître. C’est aujourd’hui l’homme d’entreprise Emmanuel Groutel, qui, après lui avoir consacré sa thèse en sciences de gestion, propose une initiation parfaitement pédagogique à la pensée Follettienne.

Ouvrant son ouvrage sur une série de citations souverainement inspirantes et délicieusement illustrées, il s’attache à présenter la vision des relations humaines au travail de cette précurseure de l’entreprise responsable pour enfin, donner à chacun-e des clés d’action pour se laisser inspirer aujourd’hui par « l’expérience créative » et « libérer les énergies » en développant les talents, en favorisant la compétition coopérative et en assumant un leadership « honnête », ainsi qu’y invitait déjà dans les années 1920 Mary Parker Folett.

 

Lire aussi :

– Notre billet consacré à Mary Parker Follett, évidemment…

– … Mais aussi, notre interview de Jean-Edouard Grésy et Ricardo Pérez-Nuckel, fondateurs du cabinet AlterNego, qui ont de longue date fait leurs les principes du « constructive conflict » développés par Mary Parker Follett

 

 

 

Pretty/funny : women comedians and body politics de Linda Mizejewski (éd. University of Texas Press)

 

Pas drôles, les femmes? Le préjugé a la vie dure dans l’univers du spectacle (et pas que). Mais après tout, tant qu’elles sont sexys et charment par leurs attraits, pourquoi voudraient-elles déclencher l’hilarité des foules? 

La sociologue de la culture Linda Mizejewski s’est penchée attentivement sur cette alternative « sois belle ou sois drôle » qui semble s’imposer aux comédiennes et donner à leur carrière une inflexion réductrice de l’immense palette de leurs talents.

Enquêtant sur les drôles-qui-se-cachent pour ne pas tuer le glamour comme sur les belles-qui-se-gâchent pour prouver qu’elles ont de l’humour, la chercheuse a aussi vu émerger une nouvelle génération de femmes qui osent tout montrer, leur belle apparence et leur redoutable esprit, jouant sans complexes sur tous les tableaux pour écrire elles-mêmes le(s) rôle(s) de leur vie.

Ces Kathy Griffin, Margaret Cho et autres Ellen DeGeneres, pour ne citer que les américaines auxquelles Mizejewski donnent de la voix, sont peut-être bien en train de transformer les perceptions de la beauté, du rire, mais aussi des femmes artistes et partant, des femmes tout court!

Et si le rire était le propre de la femme aussi, et une forme accomplie du beau, surtout ?

 

Lire aussi :

– Notre portrait de la one-woman-show Olivia Moore, auteure et interprète du spectacle « Mère indigne »

– Notre interview de Blandine Métayer, auteure et interprète du spectacle « Je suis top! »

 

 

Marie Donzel, pour le blog EVE.