La boîte à outils d'un networking efficace

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Emmanuelle Gagliardi

Le blog EVE vous conseille. Avec l’aide d’expert-es qui acceptent généreusement de livrer leurs “secrets”, nous vous proposons régulièrement des “boîtes à outils” pratiques (voir notre encadré en fin d’article) pour aborder en plus grande confiance les dimensions multiples de la vie professionnelle.

 

Dans le cadre de notre dossier thématique consacré au networking, nous avons fait appel à l’une des plus fines connaisseuses de la galaxie des réseaux professionnels de femmes, Emmanuelle Gagliardi.

Co-fondatrice avec Carole Michelon de Connecting WoMen Agency, la première agence de communication dédiée à la réussite au féminin, elle est aussi l’initiatrice du Forum de la Mixité (qui vient de tenir sa première édition bordelaise après 4 années de succès à Paris), elle est encore co-auteure de deux ouvrages indispensables : Guide des clubs et réseaux au féminin (Le Cherche Midi, 2007), Réseaux au féminin, Guide pratique pour booster sa carrière (Eyrolles, 2013)

 

 

 

Pour une petite histoire des réseaux de femmes

Bienvenue au club!

Emmanuelle Gagliardi invite à lire l’histoire des réseaux tout court pour sourcer la genèse des réseaux de femmes. Les réseaux nous viennent du monde des affaires anglo-saxon, qui a vu des cercles d’affinités se constituer en clubs autour de centres d’intérêt, qui n’étaient pas forcément en relation directe avec le business : politique d’abord au XVIIe puis, la passion pour l’hippisme, le goût des cigares, le cricket, le rugby etc.au XIXèOn entrait dans ces sociétés privées, clairement définies par leur caractère privatif, non pas pour s’y faire des amis, mais pour y retrouver ses amis.

 

Des “entre-soi” longtemps restés masculins

les fondateurs du Rotary

Alors, c’est l’entre-soi assumé? Parfaitement, répond Emmanuelle Gagliardi! A l’origine des réseaux, il y a bien une intention sans ambiguïtés de “faire corps avec les siens” et de “se construire un espace social, qui ne soit ni l’espace intime ni la société toute entière. Une idée en rupture, pour les mentalités françaises, avec le mythe fondateur d’une République universaliste qui voudrait confondre vie sociale et vie publique.

Un principe d’entre-soi qui exclut aussi, à l’époque, et cela n’est pas vraiment une surprise, les femmes : “Il faut savoir que les clubs et réseaux les plus anciens ont été aussi les plus tardifs à accepter des femmes en leur sein : le prestigieux Club du Siècle les accepte depuis 1983, le Lions Club depuis 1987, le Rotary depuis 1989“.

Une logique d’inclusion des siens par l’exclusion d’autres, qui est enfin “moins familière pour les femmes, c’est un peu cliché, mais dans la mesure où on les éduque dans l’idée du care et d’une générosité qui passe par le fait de ne pas se connaître d’intérêts à elles qui ne rejoignent pas l’intérêt général, les femmes ont un peu de mal à assumer le fait de faire des choses pour elles et rien que pour elles, avec des femmes qui ont exactement la même intention!“.

 

Les premiers réseaux féminins

Suzanne Noël, fondatrice du Club Soroptimist

C’est ce qui explique sans doute, en partie, que les premiers réseaux féminins, apparus dès le début du XXè siècle, se soient conçus en sororités ayant un objet caritatif ou social, comme par exemple le Club Service Soroptimist (fondé en 1921).

Toutefois, il serait vainement binaire de ranger les réseaux de femmes du côté de l’action sociale et ceux initialement d’hommes du côté de la complicité business.

La suite de leur histoire respective raconte que “tous les réseaux professionnels ou presque qui ont été créés par des hommes d’affaires ont engagé à un moment ou à un autre, des actions philanthropiques ; tandis que les réseaux de femmes, créés sur des fondations sociales, se sont emparé, assez rapidement après l’avènement de l’égalité professionnelle en tant que question socio-économique, du sujet de la réussite au féminin et de la place des femmes dans les affaires.

 

 

Pourquoi tant de réseaux ?

Toutes et tous enfin décomplexé-es du networking?

Des réseaux professionnels de femmes, il en existe près de 500 en France… Et il s’en crée presque tous les jours de nouveaux. Mais que sont ces réseaux, pourquoi existent-ils et se développent-ils autant à l’heure actuelle?

Emmanuelle Gagliardi voit là l’effet de deux dynamiques contemporaines : celle de l‘Internet, qui a popularisé la notion même de “réseau social“, l’a démocratisée et en a facilité l’assumation (“Quiconque a une connexion peut réunir sa propre communauté, en assumant à la fois son souhait d’entrer en relation avec les autres et son droit de ne pas accepter tout le monde dans son réseau“) et celle de la mise à l’agenda de la question du leadership des femmes (“Qui est devenu un thème pour le monde politique, avec la parité ; pour les médias, avec une réflexion sur le sexisme des contenus ; pour le monde de l’entreprise, avec les stratégies mixité”).

 

Du réseau facteur d’inégalité au réseau vecteur de l’égalité

Les RH ont joué leur partie en maturant rapidement des politiques mixité qui au-delà des seules questions de l’égale rémunération, ont tôt engagé la réflexion sur les parcours pour cerner les raisons pour lesquelles les femmes n’accèdent pas suffisamment à des responsabilités à la mesure de leur potentiel. Leur timidité à bâtir du réseau et à en faire bon usage est rapidement apparue comme l’un des freins majeurs à leur développement professionnel.

Dans les années 1970 et 1980, on dénonçait le réseau comme un facteur d’inégalités : ceux qui avaient un bon carnet d’adresses étaient des privilégiés, et on ne parlait pas de recommandations mais de pistons. A partir de la fin des années 1990, le réseau, dont on prend conscience que les femmes ne sont pas assez pourvues, devient un levier pour l’égalité : on comprend que ce qui va permettre aux femmes de faire leur juste place, c’est d’accéder à l’information sur les opportunités, de bénéficier de retours d’expériences, de soutiens… Mais aussi que c’est en changeant de perspective sur les critères de la compétence, en intégrant la capacité relationnelle dans le corpus des savoir-faire indispensables, qu’elles vont vraiment progresser. Savoir réseauter devient une qualité professionnelle à part entière.

 

 

Comment monter son réseau?

Toutes et tous des “Monsieur Jourdain” du réseau

La bonne nouvelle, c’est que réseauter est une capacité assez spontanée de l’humain. “Nous faisons du réseau en permanence, chaque fois qu’on se lie avec quelqu’un-e, chaque fois qu’on partage une expérience avec d’autres. Se faire des copains en classe, c’est constituer de fait du réseau, nouer des relations avec ses collègues, aussi, rejoindre une association, rencontrer des gens chez des ami-es etc. Mais comme Monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, beaucoup de femmes ne se rendent pas compte qu’elles sont assises sur une mine d’or de contacts. Du réseau, elles en ont, mais il est en sommeil. Il va falloir l’activer, reprendre contact avec les gens qu’on a fréquentés, oser demander leurs coordonnées aux personnes que l’on rencontre et leur proposer de les revoir...”

 

Les nouveaux réseaux professionnels de femme, une “génération spontanée”?

Ca, c’est pour le réseau personnel et informellement constitué au cours de la vie. Mais quid des réseaux officiels, notamment des réseaux de femmes en entreprise ? Qui les crée et comment?

Deux voies existent, explique Emmanuelle Gagliardi : “Certains réseaux se sont créés sur l’impulsion de femmes elles-mêmes. Les fondatrices de ces réseaux racontent souvent qu’elles se sont trouvées entre collègues autour d’un déjeuner, à se dire “Y en a marre des inégalités professionnelles, on n’a pas les carrières qu’on mérite et on va faire comme les hommes qui se soutiennent les uns les autres”. Ces pionnières ont mis en place des réseaux très bien fichus et qui ont démontré leur utilité… Alors, ça a donné des idées à d’autres, et notamment aux directions mixité et diversité des entreprises C’est là la deuxième voie, pour faire naître un réseau de femmes : dans une action concertée et/ou soutenue par la direction de l’entreprise qui considère que la présence d’un réseau mixité est l’un des leviers de la politique d’égalité.

 

Réseau de femmes en entreprise, comme garantir son indépendance?

La situation est plus confortable, quand on est acceptée, voire stimulée dans son projet de monter un réseau, mais comment rester indépendante si c’est la direction qui pilote ou co-pilote? “La question de l’indépendance d’un réseau, ce n’est pas tant celle de l’origine du réseau que celle de son mode de fonctionnement et des moyens dont il dispose“, répond Emmanuelle Gagliardi.

Sur le mode de fonctionnement, des statuts clairement établis et des relations de nature partenariales dans lesquelles chacun-e a son intégrité et négocie honnêtement avec l’autre partie, permettent de mettre en place les conditions de l’indépendance.

C’est sur les moyens qu’il faut surtout être vigilante : “Les RH veulent un réseau de femmes? Qu’elles garantissent l’appui de la direction générale, qu’elles mettent la comm’ au service du réseau quand il le faut… Voire qu’elles créent un service et dédient un budget au réseau. Ca ne fait de l’entreprise ni le patron exigeant performance ni le mécène prodigue du réseau. Ca en fait un sponsor, exactement comme dans le sport : le sponsor mise sur le champion, mais ne courre pas à sa place sur le terrain et n’est pas là non plus pour le pousser au derrière pendant les entraînements ou les matchs.

 

 

Qu’attendre d’un réseau professionnel ?

Partager l’expérience, vivre la solidarité, booster sa confiance

Il y a donc le réseau que l’on se constitue soi-même, au cours des rencontres de la vie, et sans penser nécessairement à la “rentabilité” des relations que l’on tisse ; et il y a le réseau institué que l’on rejoint, pas forcément non plus avec de seules intentions utilitaristes.

Les femmes rejoignent souvent un réseau, au départ, pour partager leur vécu. Il n’est pas rare que ce soit au moment où elles heurtent le plafond de verre, où elles sont en tiraillements douloureux entre la vie familiale et la vie professionnelle : elles sont à la recherche d’un espace de partage et de bienveillance pour aborder tout cela. Elles ont tout simplement besoin, dans un premier temps, d’être réconfortées par le seul fait que d’autres femmes traversent les mêmes difficultés et qu’elles ont aussi les mêmes envies de s’en sortir et de réussir“.

La première fonction du réseau, c’est donc “la solidarité exprime Emmanuelle Gagliardi. Et ça débouche assez naturellement sur “la mise en place d’outils de développement personnel, souvent axés sur la confiance en soi et sur la déculpabilisation“.

 

Réfléchir et construire ensemble, prendre la parole

Le réseau SNCF au féminin

Quand ces femmes ont consolidé leur base, quand elles sont entrées dans une plus grande assumation de leur ambition, elles font souvent évoluer le réseau vers d’autres outils moins “développement personnel” et plus directement en lien avec le business : “le réseau va par exemple proposer des formations à la transformation digitale ou à l’open innovation, mais aussi des conférences sur les sujets techniques de leur métier, sur les évolutions juridiques dans leur secteur…“.

Le réseau va aussi s’ouvrir à l’extérieur, pour s’adresser à la société dans son ensemble (par exemple, en proposant des dispositifs de mentoring pour l’insertion professionnelle des jeunes, en nouant des partenariats avec des associations, en s’impliquant dans des événements citoyens) mais aussi s’installer en force de proposition dans l’entreprise. C’est ainsi que de nombreux réseaux de femmes ont mis en place des “labos d’idées” ou des “groupes d’expertise” qui s’emparent de thèmes multiples (les “expertes” de SNCF au féminin se sont par exemple penchées sur la restauration à bord ou sur le “TGV du futur”) et viennent aussi mettre des sujets à l’agenda de la direction générale ou des partenaires sociaux.

 

Exercer son influence

Najat Vallaud-Belkacem

Les partenaires sociaux, tiens, parlons-en, quel regard portent-ils sur ces acteurs nouveaux qui ont l’oreille des salarié-es et de la direction et n’hésitent plus à prendre place à la table des discussions?

Emmanuelle Gagliardi se souvient du “tollé suscité par un tweet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem qui, en avril 2012, se félicitait de voir les réseaux de femmes s’installer en nouveaux interlocuteurs dans les négociations sociales. Ca a agacé les syndicats, évidemment, d’autant que la plupart ont longtemps tenu la question de l’égalité professionnelle un peu à l’écart des “vrais sujets“. Mais ça n’a pas tellement plu non plus aux réseaux de femmes eux-mêmes, qui n’ont pas envie de se substituer aux syndicats, mais se conçoivent d’avantage en think tank, en agitateurs d’idées capables de mettre les pieds dans le plat. La culture du réseau, c’est celle des groupes de pression, dont il faut oublier l’image caricaturale des coteries, pour comprendre qu’un lobby, c’est seulement un collectif qui veut prendre la parole, faire exister ses sujets et exercer une influence. Dans la mesure où de surcroît, ces réseaux sont transparents, il n’y a pas à porter un soupçon de sectarisme ou de recherche de privilèges contraires à l’intérêt général. Il est quand même autorisé de donner son avis et bien normal de s’organiser pour que celui-ci soit entendu!

 

Molière et les “académies” de femmes

Dans Les Femmes Savantes, un Molière à peine misogyne (son époque nous fasse le lui pardonner…) entend régler leur compte aux dames “intellectuelles” avant la lettre qui envisagent de créer leur propre “académie“, et dénonce leur intention, selon lui, de se faire par là-même les arbitres du bon goût et de désirer censurer qui ne comptera pas parmi leurs ami-es.

A la grande heure des “salons “, hauts lieux d’influence sur les puissants, que l’on appelle d’ailleurs des “coteries littéraires“, c’est bien la crainte de voir de nouveaux entrants, en l’occurrence de nouvelles entrantes, dans les sphères de pouvoir qui s’exprime ici. Molière, dénonce aussi à coup sûr les dérives et abus de pouvoir des cercles masculins dont il a été victime, mais il est manifeste que c’est quand les femmes s’y prennent comme les hommes, que les règles inéquitables d’un jeu semblent tout à coup intolérables!

 

 

Féminin, neutre ou mixte, le réseau?

La non-mixité, contraire à l’égalité?

Les réseaux de femme ne sont pas sans s’attirer quelques critiques. Celle de leur non-mixité revient régulièrement. Cette séparation des sexes dérange plus d’un-e défenseur-e de l’égalité, les un-es s’étonnant que l’on donne dans le “pour femmes” avec un risque d’essentialiser le féminin au travail, les autres estimant que le vrai pouvoir est de toute façon détenu par les réseaux tout court et qu’au lieu d’en créer de neufs pour soi, il vaut mieux infiltrer ceux qui existent pour y faire sa place (c’est notamment le point de vue de Claire Léost, que nous avions interviewée au moment de la sortie de son essai Le rêve brisé des working girls).

 

L’entre-femmes, espace de liberté et de bienveillance

Alors, l’avis de l’experte? D’abord, “il n’y a pas de mal à être entre femmes, dans certaines circonstances, dans certains moments. Les hommes se ménagent depuis toujours du temps entre hommes. Ce temps est pris pour eux, pas contre les femmes. Alors, pourquoi, quand des femmes se rassemblent pour faire quelque chose de “politique” au sens philosophique du terme, ce serait suspect? Les réseaux de femmes, ce sont des espaces de liberté d’être soi et de liberté de parole, où elles n’ont pas peur d’être jugées, où elles ne se sentent pas obligées de tenir un rôle, de rassurer sur le fait qu’elles sont de bonnes mères même si elles se sentent épuisées par la vie familiale, des professionnelles compétentes même si leur carrière patine ces derniers temps. C’est d’ailleurs, la première chose que les femmes qui rejoignent un réseau expriment : ça fait du bien de pouvoir tout se dire!

  

Des réseaux mixtes… Où les hommes sont rares!

Emmanuelle Gagliardi insiste : “Ce temps entre femmes est essentiel, capital afin que les membres fassent émerger toutes les problématiques liées à une carrière au féminin, sans regard masculin qui, nous le constatons à maintes reprises, fausse dans une assemblée tous les comportements et jugements. Même si la plupart des réseaux de femmes sont ouverts à la mixité, je ne trouve pas que la tendance à faire d’emblée des réseaux mixtes à tous prix soit la meilleure. Les hommes doivent réfléchir au sujet de la mixité de leur côté. Les réseaux féminins idem et dans un deuxième temps seulement, des moments d’échanges neutres doivent être organisés entre les deux, pour confronter les avis. Le réseau féminin peut éventuellement, si nécessaire muter en réseau mixte mais seulement en étape 2. Il ne faut pas sauter la première étape non mixte, au risque de retomber dans les travers de l’autocensure féminine et au risque de ne pas récolter vraiment le point de vue d’un corpus qui ne prend que peu la parole de façon spontanée et s’efface volontier face à l’autorité présupposée masculine. Chez CONNECTING WoMEN, cela se traduit concrètement par un événement women only que nous réalisons en milieu d’année Le Printemps du Networking, qui réunit chaque année une centaine de réseaux féminins (prochaine édition 25 juin 2015) et un événement mixte, Le Forum de la Mixité, durant lequel nous échangeons avec les hommes.

Elle souligne encore que même quand les réseaux et les événements qu’ils organisent sont mixtes, il est “difficile d’y faire venir des hommes. Cette question, c’est celle, plus générale, de l’engagement des hommes en faveur de l’égalité, quand ils sont encore trop nombreux à penser que c’est une “affaire de femmes” ; et c’est aussi bien sûr, l’attractivité de ces réseaux pour les hommes, quand ils ont d’autres réseaux, prétendument neutres, mais où dans les faits, ils sont majoritaires et davantage en position d’influence que les femmes.

 

Mon réseau de femmes n’est pas exclusif d’autres réseaux! 

 

Catherine Noyer-Riveau, 1ère femme à être entrée au board du Rotary International

Mais les femmes peuvent aussi accéder à ces réseaux dits neutres : “appartenir à un réseau de femmes n’empêche pas d’être dans d’autres réseaux. D’ailleurs, vient un moment où, quand on consolidé ses bases, pris confiance en soi, gagné en aisance dans l’exercice du réseautage et que l’on assume sa volonté de faire entendre sa voix, il est bienvenu d’aller dans d’autres réseaux qui ne sont pas spécifiquement “de femmes. J’ai cependant la conviction qu’on y est plus forte quand on arrive en position de leadership que lorsqu’on s’y insère par la petite porte, discrètement, sans vouloir trop déranger.

 

 

 

Bien réseauter, tout un art?

Pour finir, nous avons demandé à Emmanuelle Gagliardi de nous donner quelques clés pour “bien” réseauter. 

Oser!

Primo, il faut oser! Oser demander à rencontrer les gens et oser exprimer des demandes quand on en a.Avec subtilité, sans être trop pushy, mais sans s’attendre non plus à ce que la personne devine par elle-même ce qu’on a à lui demander : vous voulez qu’elle vous mette en relation avec quelqu’un d’autre? Ce n’est pas difficile de dire “je crois que tu connais untel. Est-ce que ça t’ennuierait que je l’appelle de ta part?” ou bien “je me pose la question d’une mobilité internationale. Toi qui as passé un an à Singapour, tu pourrais me conseiller sur la bonne manière de faire avancer mon projet?”…”

Emmanuelle Gagliardi rappelle qu’être en situation d’aider quelqu’un-e, c’est valorisant : en d’autres termes, quand vous demandez quelque chose à une personne, il se pourrait bien que vous lui fassiez plaisir!

 

Partager!

Règle numéro 2 : le réseautage repose sur l’échange. Aussi, même si la personne aura été flattée de vous rendre service, ce n’est pas une raison pour oublier de la remercier. Au-delà de ça, il est important de “la tenir au courant des démarches que vous entreprenez sur ses conseils ou sa recommandation. La personne qui vous soutient s’implique, vous ne pouvez pas la laisser de côté ensuite.

Faut-il forcément renvoyer l’ascenseur? “Rendre est important, lorsque l’on vous donne, ça l’est d’ailleurs autant pour vous-même que pour l’autre. Mais il ne faut pas entrer dans la petite comptabilité des relations : vous n’êtes pas obligé-e de rendre immédiatement, il vaut d’ailleurs mieux le faire quand ça se présente de façon pertinente. Et il y a surtout plein de façons de rendre : un coup de pouce, une information, une marque de soutien, une recommandation, du réconfort dans un moment dur, des encouragements, un sourire complice au bon moment…

 

S’engager (à la juste mesure de ses possibilités)!

Règle numéro 3 : donner est essentiel, mais on ne donne que ce qu’on a. Gare aux promesses que l’on ne peut pas tenir!De la même façon qu’il faut oser demander, il faut aussi savoir refuser, quand on ne peut pas, pour une raison x ou y, rendre un service. Vous connaissez quelqu’un-e de connu-e ou de très haut placé et une personne de votre réseau voudrait la rencontrer? Vous avez le droit de ne pas ouvrir votre carnet d’adresse si le projet que la personne veut faire avancer auprès de votre contact n’est pas abouti, pas raccord avec vos valeurs ou tout simplement si vous n’en avez pas envie. Dans la mesure où recommander quelqu’un-e est très engageant, car c’est votre image et votre légitimité que vous jouez, il est normal que vous soyez exigeant-e à l’égard des personnes que vous recommandez.

Emmanuelle Gagliardi rappelle aussi que “réseauter prend du temps et que tout ce à quoi on s’engage dans le réseau en prend aussi : faire une lettre de recommandation, ça prend du temps, comme organiser une rencontre ou un événement. Ne vous chargez pas la barque avec le réseau : soyez-y actif-ve parce que c’est la seule façon d’avoir un réseau utile, mais veillez à l’équilibre. Il serait dommage de faire un burn-out parce qu’on s’est trop impliqué-e dans un réseau que l’on a rejoint au départ pour y aborder des questions d’articulation des temps de vie!

 

Respecter!

Règle numéro 4 : ne grillez pas le réseau! “Souvenez-vous que le réseau repose sur la confiance. Celles et ceux qui s’y comportent en francs-tireurs, voire en pirates, font du tort aux autres, sans même forcément tirer des bénéfices pour eux. Réseauter, c’est un exercice relationnel subtil, qui demande de la courtoisie et un vrai sens de la convivialité dans l’élégance. C’est aussi pour ça que c’est un art noble et plaisant, qui permet de vraiment progresser pour soi et avec les autres.

 

 

 

 

Marie Donzel, pour le blog EVE.

 

 

 

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