La procrastination a-t-elle un sexe?

bargeo Egalité professionnelle

L’étude du mois

 

On l’a repoussée, la rédaction de cet article, remise au lendemain, puis au surlendemain, reportée de jour en jour sur notre to-do-list, se trouvant d’une heure sur l’autre, sinon mieux à faire, d’autres occupations que celle de se pencher sur une récente étude Needelp sur la procrastination.

Vous savez, la proscrastination, c’est cet art de prendre du retard, que certain.es psychologues interprètent comme un symptôme d’angoisse, que le grand public assimile parfois à de la paresse mais qui n’est peut-être pas la pathologie que l’on dit, mais la réponse à un besoin vital de s’installer parfois dans sa « zone de confort » (c’est le point de vue de la psy Catherine Brabant, par exemple) voire un indispensable temps de l’inspiration et de la maturation des idées avant le passsage à l’action… Et qui a même sa journée mondiale, le 25 mars, pour prendre le temps de la réflexion sur notre relation au rythme de vie et aux obligations. 

Bref, on a fini par s’y mettre : on a épluché les résultats de l’enquête menée par la start-up d’entraide entre voisins Needelp sur le sexe de la procrastination.

 

Voici ce qu’il faut en retenir :

 

 

63% des hommes et 60% des femmes sont des procrastinateurs et procrastinatrices avoué.es! Un bon deux-tiers qui devrait aider à faire taire l’élève trop sage en nous qui n’a de cesse de nous rappeler au devoir et à la discipline!

 

D’ailleurs, lesquels de ces « devoirs » sommes-nous les plus pormpt.es à reporter : mécanique, jardinage, bricolage et paperasse pour ces dames ; mécanique, jardinage, bricolage et… Ménage pour ces messieurs! Les choses sont claires : personne n’est pressé de mettre les mains dans le cambouis, dans la terre ou dans la prise, mais une fois ces tâches repoussoirs écartées par les deux sexes, des différences genrées apparaissent.

 

Différences qui ne recoupent pas le sentiment de compétence ou d’incompétence pour effectuer lesdites tâches : les femmes qui retardent le moment de trier et remplir les papiers se sentent à 81% capables de le faire (contre 56% des hommes) et les hommes qui feront le ménage ultérieurement peut-être si l’occasion se présente sont 56% à savoir dans quel sens se tient un balai et où se trouve la poudre à récurer!

 

En d’autres termes, on ne procrastine pas parce qu’on ne sait pas faire, mais, selon l’étude, parce qu’on préfèrerait que quelqu’un d’autre s’y colle. Pour ça, on est prêt à payer, mais pas le même prix, selon que l’on est un homme ou une femme : ok pour déléguer si c’est peu cher pour 47% des femmes mais moins d’1% d’entre elles s’offriraient le luxe d’une prestation jugée trop coûteuse. Moins de scrupules chez les messieurs qui sont pour 67% prêts à déléguer ce qui doit être fait, quitte, pour 11% d’entre eux à en payer un prix élevé.

 

Et si l’on ne faisait rien du tout, ni le boulot soi-même ni l’effort de le confier à autrui : pas de souci, pour plus d’un homme sur 10, le gazon poussera, l’ampoule de l’escalier ne sera pas changée, la chemise pas repassée et c’est pas si grave que ça. En revanche, 99% des femmes refusent de renoncer : d’une façon ou d’une autre, il faut que se remplisse le réservoir de lave-glace et la feuille d’impôt, que les mauvaises herbes soient arrachées et que le ménage soit fait.

 

Dans quels délais? Tout de suite pour 41% des femmes (alors qu’elles seraient 60% à préférer attendre) contre 33% des hommes (qui sont 63% à ne pas voir l’urgence). Culpabilité, quand tu nous tiens!

 

Marie Donzel, pour le blog EVE.

 

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