« Une femme puissante c’est une femme qui vous donne envie de vous dépasser »

Eve, Le Blog Leadership

Rencontre avec Valérie Hernandez Amalou, Responsable de la communication et des événements du Programme EVE pour Danone

En charge de l’organisation des Programmes EVE et de la communication depuis 2014, Valérie Hernandez Amalou a accompagné l’internationalisation et la montée en influence du Programme en déployant une ambitieuse stratégie de communication digitale : lancement du webmagazine, constitution d’une large communauté d’expert·es & influenceurs/influenceuses du monde entier, développement des Twitter Chats, nouveaux formats de contenus…

Retour sur les intentions et les impacts de cette stratégie.

Bonjour Valérie, pouvez-vous expliquer en quelques mots la stratégie de communication digitale que vous avez mise en place pour le Programme EVE ?

Valérie Hernandez Amalou : Il s’agit de développer la notoriété du Programme, bien sûr, d’en accompagner l’internationalisation (nous sommes aujourd’hui en Europe, en Asie, en Afrique et demain sur le continent américain) et de le faire en portant un message fort: il y a partout des femmes incroyables, et puisque les médias traditionnels ne leur donnent pas suffisamment la parole, nous serons le média de référence pour ces femmes et pour toutes celles qu’elles peuvent inspirer.

Quelle définition donneriez-vous d’une femme puissante ?

Valérie Hernandez Amalou : Une femme puissante est une femme inspirante, qui ose être qui elle est, c’est une femme qui vous donne envie de vous dépasser, un véritable rôle model. Cette vision est portée par le Programme depuis ses débuts, et s’incarne sur la scène des séminaires par les interventions de femmes qui, d’où qu’elles sont, en responsabilité dans des entreprises, à la tête d’ONG ou à l’initiative de projets d’innovation sociale, contribuent à changer la donne pour les femmes et plus largement ce monde. J’ai voulu que cette parole des femmes puissantes se prolongent sur notre plateforme et nos réseaux de communication, c’est pourquoi nous avons proposé à des femmes de tous pays, de prendre la parole sur notre webmagazine et lors de nos Twitter Chats (débats sur Twitter).

Ces femmes ont-elles facilement accepté de prendre la parole ?

Valérie Hernandez Amalou : Non seulement les femmes que nous avons contactées ont accepté, mais très vite nous avons eu des sollicitations spontanées. Quand la directrice de la Fondation Malala, Farah Mohamed, nous a contactées pour publier un très bel article sur la scolarisation des jeunes filles, j’ai compris que notre pari était gagné. Les médias traditionnels prétendent ne pas trouver des femmes, ou que quand ils en trouvent, elles refusent de prendre la parole. Nous démontrons que les femmes sont prêtes à parler, qu’elles sont nombreuses à avoir des choses à dire, et qu’il suffit d’être un média inclusif et accueillant pour qu’elles osent.

N’observez-vous cependant pas des différences régionales en matière d’aisance des femmes à prendre la parole ?

Valérie Hernandez Amalou : Il y a des différences, oui, d’une région à l’autre. Nous avons clairement vu, en Afrique, que les femmes sont plus que disposées à prendre la parole et elles ont parfaitement compris la force des réseaux pour amplifier leur voix. En Occident, c’est moins le cas : entre la « culture du sachant » qui retient celles et ceux qui ne sentent pas légitimes (voire entretient le complexe d’imposture) et une certaine méfiance qui persiste à l’endroit des réseaux sociaux, le partage des expériences et connaissances est plus laborieux. C’est une perte pour l’intelligence collective. Il faut vraiment que l’on se défasse, en Europe notamment, de la peur de se faire voler quelque chose quand on partage son savoir. Plus on communique sur son expertise, plus on se donne d’occasions de la nourrir et de gagner en puissance.

Comment convaincre celles et ceux qui résistent à cette culture de l’intelligence collective ?

Valérie Hernandez Amalou : Il faut que chacun·e comprenne son importance et sa valeur, ne considère plus qu’il y a des gens qui donnent et d’autres qui reçoivent, des moments pour donner et d’autres pour recevoir ; mais que nous avons toutes et tous quelque chose à partager. Que nous pouvons toutes et tous agir, aussi. Le leitmotiv d’EVE « Oser être soi pour pouvoir agir » ne dit rien d’autre !

En affirmant que chacun·e peut et doit agir, vous promouvez le micro-changement ?

Valérie Hernandez Amalou : L’enjeu du micro-changement, c’est d’en faire un mouvement. Nous sommes à une époque qui le permet, grâce à la puissance du digital. Des élans mondiaux en faveur du changement sont possibles : il faut en initier pour réaliser tout ce qui est important aujourd’hui et pour demain.

Propos recueillis par Marie Donzel, pour le webmagazine EVE.

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