Ce qu'il faut retenir du rapport Women Matter 2012 de McKinsey

Eve, Le Blog Egalité professionnelle, Leadership, Rôles modèles

Depuis cinq ans, le cabinet de conseil McKinsey, en partenariat avec le Women’s Forum for Economy & Society, étudie le lien entre mixité et performance des entreprises. Le premier de ses rapports sur le sujet a marqué les esprits, en 2007 : pour la première fois, on dépassait les constats (de la sous-représentation des femmes dans les instances dirigeantes, de leurs difficultés à articuler vie professionnelle et vie privée, des freins visibles et invisibles à leur carrière) pour interroger méthodiquement leur rôle essentiel dans la compétitivité des entreprises et sur la scène économique. Et on proposait des solutions concrètes pour avancer. Depuis, chaque année, McKinsey publie un nouveau rapport sur la question.

« Making the breakthrough », c’est le titre encourageant du cinquième rapport « Women matter ». Encourageant parce que « a breakthrough », c’est une percée, une brèche ouverte, l’amorce d’un changement. Mais l’amorce seulement… Voici en quelques points ce qu’on retiendra du rapport Women Matter 2012, élaboré à partir des données récoltées auprès de 235 grandes entreprises de 9 pays européens.

1) Une prise de conscience

La bonne nouvelle, c’est que le temps du déni semble révolu. 90% des entreprises étudiées par McKinsey ont mis en place des mesures de « gender diversity ». 53% font de la mixité une de leurs dix priorités stratégiques.


2) Des progrès incontestables…

Au crédit des entreprises européennes, on constate une réelle amélioration de la représentation des femmes dans les instances de direction. Aidées par une politique de quotas, les grandes entreprises norvégiennes, suédoises et françaises affichent respectivement 35%, 25% et 20% de femmes dans les conseils d’administration. Sur l’ensemble de l’Europe, ce chiffre s’établit à 17%.

3) … Mais il y a encore à faire!

Le cabinet McKinsey fait remarquer que si les femmes ont pu s’asseoir plus nombreuses dans les fauteuils des conseils d’administration, elles ne trouvent encore pas suffisamment leur place dans les comités exécutifs : elles y figurent pour à peine 3% en Allemagne, 6% en Italie, 8% en France et 11% en Belgique ou au Royaume-Uni.

Par ailleurs, si on s’intéresse à la répartition par secteur d’activité, on est surpris d’apprendre que dans les branches très féminisées comme la communication ou la finance, la proportion de femmes dans le top management n’est pas plus importante que dans les secteurs plus « masculins » des transports ou de l’énergie.

Enfin, McKinsey souligne que si la bonne volonté est de rigueur presque partout, la mise en oeuvre des mesures en faveur d’une plus grande mixité se fait lentement, ralentie par des facteurs exogènes aux entreprises (notamment les cultures et les mentalités propres à chaque pays) et que leur impact est insuffisant.

4) Quatre recommandations pour agir encore et agir mieux.

Fort de ces observations, le cabinet McKinsey est en mesure de proposer quatre types d’action à mener et à poursuivre de façon combinée pour une plus grande efficacité des efforts des entreprises en matière de mixité :

Une plus grande représentativité et une plus grande visibilité des femmes dans le top management et le senior management, bénéfiques à la réputation des entreprises et facteurs majeurs de prise de confiance pour l’ensemble du personnel féminin ;

Une meilleure connaissance et une meilleure diffusion des chiffres et des données sur la question, de façon à pouvoir fixer des objectifs et permettre la mesure des progrès ;

Un travail de fond sur les mentalités incluant particulièrement l’image du dirigeant (pas nécessairement joignable partout et à toute heure) et le « style » du management (pas forcément « viril ») ;

Des actions ciblées en fonction des problématiques spécifiques à chaque secteur et à chaque entreprise et une prise en compte des problématiques de mixité dès le début des carrières et tout au long de leur durée.

Le « breakthrough » est en marche, une percée est ouverte, bientôt la fissuration du plafond de verre?

A voir et à écouter : Sandra Sancier-Sultan, directeur associé McKinsey présente le rapport Women Matter 2012 lors des débats organisés par Le Cercle du Leadership et RTL, le 8 mars.

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Comments 2

  1. Ce qui m’a personnellement frappée lors de la présentation de cette 5 ième étude, c’est le décalage entre ce que les entreprises déclarent en matière de mesures mises en place pour une meilleure représentation des femmes dans tous les niveaux et métiers de l’entreprise et ce qu’en pense un échantillon de sondé(e)s au sein de ces mêmes entreprises : il y a encore du travail!

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