Les constellations de Marisa Guevara

Eve, Le Blog Dernières contributions, Egalité professionnelle, Leadership, Rôles modèles

 

Tou-tes les EVEsien-nes connaissent Marisa Guevara.

Car depuis trois ans, elle est quotidiennement leur interlocutrice privilégiée avant, pendant et après le séminaire. As de l’événementiel, capable d’organiser au cordeau plusieurs séminaires de grande ampleur par an et d’y résoudre avec une dextérité de prestidigitatrice tout couac avant même qu’il se présente, c’est aussi une communicante hors pair qui a œuvré à faire du blog EVE le média réputé et hautement fréquenté qu’il est.

C’est surtout une personnalité authentique et flamboyante, que toutes et tous celles et ceux qui ont eu la chance de connaître de façon plus approfondie saluent comme une femme rayonnante.

 

Cette chance de la rencontrer plus personnellement, elle a accepté de la donner à toutes et tous les lectrices et lecteurs du blog EVE. A la veille de son départ de Danone, quand de nouvelles aventures professionnelles l’attendent ailleurs, elle s’est livrée sans fard à un exercice qu’elle-même avait initié sur le blog : celui du portrait

 

 

 

 

L’histoire commence à Xalapa, « village de 500 000 habitants » dans l’Etat de Veracruz, au Mexique. Xalapa doit son nom à un vieux mot nahuatl qui signifie « source d’eau dans le sable« . Y naît en 1983 une petite fille toute brune aux grands yeux noirs.

 

Auprès d’un père juriste à « l’EDF mexicain« , d’une mère institutrice qu’elle appelle « son héroïne » et d’un bienveillant frère aîné, Marisa vit « une enfance calme« , sécurisante et structurante. Ancrée sur des valeurs très affirmées de responsabilité, d’honnêteté et d’authenticité. De confiance aussi quand, à chaque étape à passer, chaque palier à franchir, on lui dit « bien sûr que tu peux, Marisa.« 

Bien sûr qu’elle peut, dès l’âge de 6 ans, choisir comme activité extra-scolaire des cours privés de langue étrangère. Cela, elle le décide un peu à la surprise de l’entourage familial, mais comme elle est « têtue de naissance« , on ne tente même pas de lui suggérer un autre « loisir« . Apprenant juste à lire et écrire l’espagnol, sa langue maternelle, Marisa veut donc déjà parler anglais. Parce que son grand projet pour la vie, c’est de voyager.

 

 

Rêves d’ailleurs

Ce rêve lui est inspiré et nourri par la figure impressionnante d’une femme, une tante « incroyablement cultivée« , « farouchement indépendante« , qui, quand elle n’est pas par monts et par vaux, aux USA ou en Europe, enseigne l’espagnol aux étudiants étrangers. Elle a toujours des histoires captivantes à raconter, au cœur de la vie humaine et de ses drames et joies.

Marisa en conçoit une forte intuition : « Ce qu’il y a de plus intéressant, c’est les autres, l’ailleurs, le différent, ce qui t’oblige à ne pas réagir comme tu l’as toujours fait mais à te mettre toujours en question, à mettre en balance tes propres repères et certitudes.« 

 

Elève douée et studieuse, elle fait un parcours scolaire sans faute. Quand vient le temps de prendre une orientation universitaire, ses profs et ami-es la verraient bien dans une prestigieuse école de commerce, mais elle opte pour l’Université publique. Marisa, à qui ça ne déplait pas de déto(n)ner, préfère les chemins de traverses aux voies toutes tracées.

Et puis, « dans un pays où les écarts de classe sociale » sont des fossés, aller à la fac plutôt que dans un établissement privé, c’est « se donner la chance de se confronter à la réalité, de se faire des ami-es  de tous milieux« . Elle s’y sent d’ailleurs comme un poisson dans l’eau, adorant passer d’une heure sur l’autre, de son cercle de « copines gentiment snobs du lycée » à sa « bande de potes de la fac parfois un peu rock’n roll« . 

 

 

Voeux universels

A l’aise avec tous et partout, Marisa n’a pas perdu de vue son projet d’aller voir ailleurs comment tourne le monde. Une bourse d’excellence l’envoie un semestre à Kansas. Elle s’y compose un programme de cours sur mesure : communication internationale, télé, radio et peinture. Elle y est partie des étoiles plein les yeux, elle y passe des moments fabuleux et en revient raffermie encore dans sa conviction que « l’ailleurs fait grandir plus vite et aller plus loin« .

 

Un an plus tard, elle sollicite une nouvelle bourse, pour l’Europe cette fois-ci. On est désolé de la décevoir, mais priorité à ceux qui ne sont pas encore partis. A moins que… La Scandinavie ne la tente! Puisque sa fac vient de conclure un accord avec l’Université d’Oslo mais que personne ne se précipite pour postuler. Elle prend, d’emblée, et regarde ensuite sur une carte où ça se situe exactement, la Norvège.

Elle n’est pas déçue du voyage en arrivant, « un 30 décembre, 2 heures de soleil par jour, 7 heures de décalage horaire et 30°C de décalage thermique« . Une adresse en poche, celle du « copain de la fille d’une copine de [sa] mère » où elle passe le réveillon, sans comprendre un mot de ce qui se raconte. Godt nyttår, c’est un après tout un vœu universel! Perplexe au départ, elle passera à Oslo « les 6 meilleurs mois de [sa] vie« , parfaitement séduite par l’esprit d’ouverture culturellement inscrit dans la société norvégienne et sautant dans un avion chaque fois que ça lui chante pour vivre la « magie européenne«  : on la croise à cette époque au Danemark, en Grèce, en Autriche, en Espagne, en Suède…

 

 

Histoires d’ailes

A son retour au Mexique, elle valide ses derniers modules ; dont l’un exige l’organisation d’un événement en équipe. Ce sera un concert de musique électronique… « On nous a demandé de faire un petit truc à la fac, on a fait le festival de l’année, avec toute la banlieue qui a débarqué!« . Dispensée d’examen final après cette épatante démonstration de savoir-faire, elle est « diplômée par excellence académique« . 

 

C’est bien, « mais maintenant, il va falloir bosser« . Au tout nouveau centre commercial qui vient d’ouvrir à Xalapa, elle retrouve une amie de son frère, gérante d’une franchise espagnole de lingerie, qui l’embauche comme directrice adjointe. Elle adore son boulot,  « le contact avec la clientèle, le management des équipes, du pur relationnel, du vrai business aussi, concret, exigeant, prenant« .

Un ancien prof, venu en virée shopping, s’inquiète de la trouver là : « Marisa, tu avais des ailes immenses, tu aurais pu voler partout et tu as atterris ici?« . C’est une gifle. Sa mère auprès de qui elle s’ouvre de cette blessure, rétorque du tac au tac : « Un travail, c’est toujours honorable« . Voilà les idées remises à leur place et la fierté rétablie d’occuper un job qui, avant toute chose, lui plait. 

 

 

 Connexion d’étoiles

Trois ans après, l’envie de bouger titille à nouveau Marisa. Celle de reprendre des études aussi.

Elle sollicite une bourse Eiffel, en passant par l’IAE d’Aix en Provence pour un master en Communication Corporate et Change Management. On retient sa candidature pour trois raisons : « un excellent dossier universitaire, un profil international et surtout, surtout une expérience de terrain en entreprise ».

Comme quoi, ses « ailes l’ont portée plus loin que les seules apparences« , comme un pied de nez à tous les vaniteux de la terre qui s’imaginent qu’atterrir ailleurs que dans les hautes sphères, c’est s’écraser en vol.

Elle, elle considère, citant Steve Jobs, que la vie, ce n’est pas un vol régulier avec passages obligés et visées ultimes mais plutôt « des points qui se connectent : On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur, c’est après coup seulement que les liens apparaissent ; nous devons croire que les points vont se relier plus tard, ça nous donnera la confiance de suivre notre cœur.« 

 

Frottements constructifs

C’est par une ancienne de l’IAE qu’elle apprend que Danone (« la boîte qui fait quand même fantasmer tous les étudiants« )  cherche un-e stagiaire. Sabrina Schneider la recrute et Christine Gas, qui a récupéré la direction de la communication interne, l’accueille quelques semaines après dans son service.

Elles s’entendent tout de suite, Marisa trouve en elle « un sponsor au sens où Joanna Barsh l’entend« , cette « personne qui te pousse, t’encourage, croit en toi, te fait donner le meilleur de toi-même« . Pour l’heure, elles sont en direct, mais Marisa a été prévenue : un manager sera bientôt engagé à l’échelon intermédiaire.

Il s’avère que c’est « une fille, de son âge et mexicaine avec ça. » Deux femmes jeunes et ambitieuses, au tempérament de feu : il y a du frottement, doux euphémisme, à prévoir. Comme elles sont cependant aussi directes l’une que l’autre, elles finissent par se dire les choses en face : au cours d’une « bonne engueulade« , on vide les sacs, on crève les abcès… Et après ça, Ana Vigil et Marisa Guevara deviennent « inséparables! », partenaires et amies, mutuellement challengeantes et indéfectiblement solidaires à la fois. 

 

Marisa fonctionne comme ça : adepte du « conflit constructif » elle n’est pas qu’une forte tête, mais surtout une femme solidement franche, qui croit en une saine confiance fondée sur les analyses lucides des situations et les relations interpersonnelles sans faux-semblant. Elle prend les problèmes, quand il y en a, à bras le corps, avec courage et responsabilité, convaincue que « faire face est un préalable indispensable pour se dépasser« . 

 

 

Intuitions bienheureuses et audaces contre-intuitives

Marisa Guevara entre Anne Thévenet-Abitbol et Sophie Monhurel

Ce sont de telles qualités qui, outre son bagage universitaire et professionnel, lui valent une recommandation chaleureuse de Christine Gas auprès d’Anne Thévenet-Abitbol qui recherche justement une robuste event manager pour le tout jeune Programme EVE. Pour cette « femme d’intuition » qui n’aime rien tant que les profils atypiques, les personnalités authentiques et les parcours transversaux, c’est une aubaine!

 

Marisa intègre donc l’équipe d’EVE. La mission est riche et vaste : aux côtés d’Anne Thévenet-Abitbol et de Christine Descamps, en interaction permanente avec le Comité des Sages, elle aura la responsabilité de toute la coordination de l’événement. « 300 personnes d’une dizaine d’entreprises différentes parmi les partenaires et sponsors, des dizaines d’intervenant-es de très haut niveau qui arrivent du monde entier, des équipes techniques à gérer en amont et sur place et tout ce petit monde qui devra vivre trois journées de respiration et d’inspiration dans la plus grande fluidité, pour que l’ambiance EVE, cette magie que tou-tes les participant-es décrivent, ait lieu« .

avec l’équipe du blog EVE

On lui confie aussi la direction du blog EVE, qui a l’ambition d’être un média du leadership au féminin, pour les EVEsien-nes et bien au-delà.

On lui annonce encore qu’EVE attend un petit frère : le programme OCTAVE qui donnera dans moins de 6 mois, son premier séminaire dédié aux mutations des organisations engendrées par les nouvelles technologies. Ce nouveau Programme, archi-innovant, elle en sera l’une des sages-femme et aussi l’une des « mamans » pour le faire mûrir et grandir aussi bien que la puissante EVE. 

 

 

Au coeur du « change » 

Marisa a « les yeux qui brillent« , le sentiment exquis d’avoir décroché « le job de rêve ». Celui aussi d’être « au cœur du change«  quand elle assiste, lors de la première garden d’EVE, à une conférence d’Eric Brun-Sanglard, architecte d’intérieur non-voyant qui évoque les dimensions multiples de l’espace et de ses représentations avec une « sensibilité unique« .

Quand encore, elle est formée au blogging par Catherine Thibaux : « une baby-boomer est [son] mentor digital« .

avec Nicole Abar

Quand elle fait connaissance avec des Nicole Abar, Thomas d’Ansembourg et autres Joanna Barsh qui « parlent avec leurs tripes« , « donnent tout » et s’exposent avec une générosité rare, une confiance formidable en eux-mêmes et en l’autre.

Le premier séminaire EVE auquel elle participe, en 2011, lui « change la vie« . Et lui donne « tout le courage« , toute la force qui lui sera nécessaire pour relever le défi qui lui est lancé.

 

 

Force(s) d’être soi

avec C. Descamps, A. Thévenet-Abitbol et M. Pénicaud

Car le leitmotiv du Programme « Oser être soi pour pouvoir agir » résonne très profondément en Marisa : « Depuis que je suis petite, je m’entends dire que j’ai un caractère de m***, après EVE, je sais que c’est mon caractère et qu’il est porteur de valeurs : la ténacité, l’ambition, la franchise, l’intégrité… »

Elle avoue, dans un clin d’œil frisant à l’atelier de Valérie Rocoplan, qu’il lui manquait « peut-être un peu d’intelligence politique, au départ« . Mais désormais confiante en ses qualités, elle se sent armée pour apprendre ce qu’elle ne sait pas, travailler ses points d’effort, aller sans vertige vers ce qui lui est moins spontané. 

 

avec l’équipe EVE/OCTAVE

EVE, ce sera donc trois années exceptionnelles pour elle, « trois années passées à rencontrer des gens incroyablement intelligents qui la font progresser tous les jours, trois années à tisser un réseau basé sur des rapports honnêtes et sincères, trois années à poursuivre des étoiles en considérant chaque nouvelle opportunité comme une raison de faire des choix personnels, matures et assumés.« 

 

 

Horizons vastes…

EVE lui permettra aussi, paradoxalement (ou peut-être pas tant que ça) de « prendre la décision difficile de quitter Danone« . Décision difficile, parce que « Danone est une entreprise unique et un peu magique où l’on est bien avec des gens biens et où vous faire grandir est l’objectif numéro 1« . Danone a donc fait grandir Marisa qui se sent à présent prête à conquérir de nouveaux territoires d’elle-même et de nouvelles contrées de la vie professionnelle.

D’ici quelques jours, Marisa changera de secteur, pour « voyager dans un autre univers, avec d’autres codes, d’autres visions, d’autres challenges«  et pour prendre « un périmètre encore plus international« . 

 

Sans mysticisme mais avec un enthousiasme assumé pour les aires de l’intangible, elle prépare son « décollage » vers une autre galaxie avec une excitation mêlée de confiance en la vie et ses fortunes : « Je n’ai pas de rêve particulier, car je vis mon rêve en permanence, depuis toujours. Mon rêve, c’est d’être pleinement là tout en osant aller là où je veux quand je veux, quand c’est le moment, quand mes étoiles sont alignées et les points sont connectés ! « 

 

 

 

Marie Donzel, pour le blog EVE, avec la complicité d’Anne Thévenet-Abitbol, Sophie Monhurel et François Guillot. 

 

 

 

Les verbatims-déclics de Marisa

 

Iman Bibars à EVE 2013

Marisa Guevara nous a parlé des plénières et ateliers d’EVE et OCTAVE comme autant de moments de « déclics » qui lui ont donné ce sentiment que les séminaires lui avaient « changé la vie« .

Nous lui avons demandé de nous citer quelques verbatims des intervenant-es qui l’ont particulièrement marquée : 

 

Thomas d’Ansembourg : « Si l’on fait ce que l’on a toujours fait, on obtient ce qu’on a toujours obtenu… Pour avoir autre chose, il faut faire autrement.« 

 

Jean-Edouard Grésy : « En négociation, le patron, la patronne, ce n’est pas celui qui parle c’est celui qui pose les questions!« 

 

Aimé Jacquet : « Une équipe, c’est une association de talents, pas une addition de talents. » 

 

Iman Bibars : « Lean in ! Assieds-toi à la table non pas pour y tenir ton rôle mais pour faire la différence et changer les règles du jeu.« 

 

René Char, cité par Muriel Pénicaud : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.« 

 

 

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