Aurélie Truchet, la "Reverse mentor" qui donne de la confiance on-line à tous ceux qui ont besoin de développer leur réseau.

Eve, Le Blog Best practices, Développement personnel, Egalité professionnelle, Innovation

Aurélie Truchet (c) Danone/programme OCTAVE

Elle a 23 ans, un look casual-chic de parisienne à la fois simple et branchée. Simple, Aurélie l’est, quand elle raconte son parcours déjà remarquable, sans même avoir l’air de soupçonner combien son talent peut impressionner.

Branchée, elle l’est au sens propre comme figuré : curieuse de tout, cette connectée “par nécessité générationnelle” voit dans le web, dont elle a fait son métier, un espace inédit de partage et d’enrichissement personnel et collectif.

Loin de ceux qui croient que l’Internet et les réseaux sociaux une propriété exclusive de la “genY”, elle estime au contraire que c’est l’outil le plus accessible et le plus efficace du networking et qu’il est essentiel d’en transmettre à tous les codes d’accès et d’usage. C’est justement ce qu’elle fait, avec brio et générosité, dans le cadre du programme de reverse mentoring de Danone. Portrait.


Apprendre à perdre… Pour oser gagner!

Quand on demande à Aurélie Truchet de retracer son parcours, elle commence par parler de sa passion pour le sport. Elle qui a été championne de badminton, confesse être “une des seules nanas de son entourage à consulter plusieurs fois par jour le site de l’Equipe”.

Dans le sport, elle apprécie le côte convivial des “soirées foot” entre copains à la maison, le spectacle et la force de l’émotion collective. Mais elle dit aussi que la pratique d’une discipline à haut niveau lui a permis “d’apprendre à perdre”. Et apprendre à perdre, savoir qu’on pourra toujours faire face à l’échec éventuel, c’est un levier puissant de prise de confiance en soi… Et donc de réussite!


Digital Girl

En matière de réussite, quoiqu’elle s’en défende en rappelant qu’elle a débuté sa vie professionnelle il y a peu, Aurélie Truchet a déjà un beau palmarès à son actif. Diplômée de l’école de commerce d’Angers, elle a accumulé, pendant ses études, plusieurs expériences remarquables. Ca commence avec un grand organisateur de salons professionnels qui lui confie, lors d’un stage, la refonte de son site Internet. Elle veut faire gagner le site en intéractivité et rédige non pas un feuillet sur quelques aménagements cosmétiques de la vitrine web mais une reco complète de stratégie on-line. On lui donne carte blanche.

Elle est en train d’inventer son métier : donner une dimension digitale à tous ses projets.

Puis, elle part passer une année en Espagne lors de laquelle elle effectue un long stage et travaille sur son mémoire de master entrepreneuriat consacré à “la transformation des PME en PME 2.0”.


Danone : “un plan A+++”

A son retour, elle postule chez Danone à un stage de community management pour une marque du groupe. Lors de l’entretien, on lui parle d’une autre mission, “un projet central et mondial d’accompagnement de la digitalisation dans l’entreprise”.

Elle, qui confie a posteriori que le Community Management ne l’intéressait qu’à demi et que “c’était un peu un plan B”, repart du siège de Danone en s’étant vue offrir “un plan A +++”


Le “reverse mentoring”, what is it?

Le reverse mentoring, offrir à des séniors la chance d'être initiée par des juniors, notamment aux nouvelles technologies (c) Danone/Programme OCTAVE

En février 2011, elle intègre donc l’équipe digitale de Danone.

Son maître de stage, un quadragénaire ouvert au dialogue, compte sur elle pour travailler sur les médias sociaux. Il sait que ça existe, que c’est important, essentiel même, d’agir sur ce terrain, mais lui-même n’est pas “pratiquant”. Elle le convertit! Et “voilà qu’il devient un super geek, un des meilleurs ambassadeurs du digital chez Danone”.

C’est lui qui lui parle un jour du “reverse mentoring” : il a entendu parler de programmes de mentoring en entreprise qui offrent aux seniors de se faire initier par des juniors, notamment aux nouvelles technologies. Aurélie se documente sur le sujet et bâtit bientôt un programme de ce type chez Danone.


Impliquer le top management pour convaincre des opportunités business du digital

Convaincue que l’adhésion au programme ne se fera pas sans l’implication du top management, elle entraîne dans l’aventure des membres du ComEx, en toute simplicité!

“Au départ, ils avaient quelques réticences, mais il ont accepté de jouer le jeu. Mon rôle n’était pas de les forcer à ouvrir un compte facebook pour publier des photos persos ou de les inciter à aller retrouver leurs camarades d’école primaire sur Copains d’avant.

Notre but étaient de les aider à saisir les opportunités business du digital qui leur seraient précisément utiles, par exemple, pour accéder rapidement à l’information et la recouper, pour être au fait en temps réel de tout ce que disent les leaders d’opinion dans les domaines qui les intéressent.”


Dépasser les a priori

On ne peut s’empêcher de lui demander comment ça se passe, quand une jeune femme débutante donne une leçon de web à un cadre dirigeant confirmé. “On ne donne pas une leçon justement! Surtout pas”, répond-elle.

Elle sait que ses “mentorés”, qui ont vingt, trente ou quarante ans de plus qu’elle, ont évidemment des a priori : d’abord, la position d’apprentissage peut être déstabilisante pour certains, ensuite, faire confiance à un junior, dans une culture française très préoccupée de la place de chaque génération, ce peut être aussi un effort. Et puis bien sûr, il y a tous les fantasmes liés à Internet et aux réseaux sociaux.

Aurélie Truchet écoute et prend en compte les inquiétudes exprimées par les “mentorés” à ce sujet : “Je ne vais pas leur dire qu’il n’y a pas de risques à utiliser les réseaux sociaux. Je vais leur apprendre à connaître et maîtriser ces risques pour pouvoir profiter d’un outil formidable, quand on sait l’utiliser. C’est d’ailleurs vrai de n’importe quel outil.” Elle leur apprend donc non seulement comment fonctionnent Facebook, Twitter, Linkdin & co, mais aussi comment s’y protéger et enfin comment en démultiplier les potentialités.


D’OCTAVE à EVE

Aurélie Truchet a fait un tabac lors du premier séminaire du programme OCTAVE. On la retrouvera cette année, en décembre, au séminaire du programme EVE. (c) Danone/Programme OCTAVE

Quand Anne Thévenet-Abitbol conçoit le programme OCTAVE, “petit frère” du programme EVE, dédié à la mixité générationnelle en entreprise, elle consulte tout naturellement Aurélie Truchet. Alors, elles imaginent ensemble des ateliers express de “reverse mentoring” : une heure pour dépasser ses préjugés, accepter la formation, comprendre la pertinence des réseaux sociaux et s’y initier.

C’est un succès : l’ensemble des participant-es d’OCTAVE repartent ravi-es de l’heure passée avec Aurélie Truchet. Tellement que tout le monde en redemande. Alors, c’est décidé, cette année, Aurélie interviendra également lors du programme EVE. On a hâte de participer à son atelier!


Marie Donzel et Marisa Guevara

Comments 3

  1. Bon alors maintenant je sais qui milite pour que l’Equipe soit dans le hall d’entrée de Danone… Il n’y a pas que des hommes qui le lisent!!
    Merci encore Aurélie,
    Une de tes stagiaires sexagénaires devenue geek
    Catherine

  2. Une démarche très “inspirante” ! Même si je n’ai vu que la partie “émergée” de l’iceberg du reverse mentoring via Octave, j’en garde un excellent souvenir (et des idées à propager :)). Bel exemple également de leadership au féminin, les talents d’Aurélie sautant aux yeux dès le début de l’atelier.

  3. Pingback: EVE Le Blog » Blog Archive » Leadership féminin : ce qu’on retiendra de l’été 2012

Comments are closed.