L'étude du mois : le baromètre glassdoor 2016 des perceptions des inégalités salariales

Eve, Le Blog Egalité professionnelle

 

Glassdoor, c’est un peu le TripAdvisor de la marque employeur : tout au long de l’année, la plateforme recueille les avis de collaboratrices et collaborateurs sur leur expérience dans l’entreprise, depuis l’entretien de recrutement jusqu’à l’ambiance de travail, en passant par le cadre de vie professionnelle, la qualité du management, les opportunités de progression, les rémunérations…

 

C’est à la fois un dispositif de transparence à destination des postulant.es et un outil d’auto-évaluation de leur attractivité pour les recruteurs. Et c’est encore une structure de conseil qui produit à intervalles réguliers des études complètes sur la perception qu’ont les salarié.es du monde de l’entreprise. La dernière en date porte sur le thème précis des inégalités salariales.

 

Le blog EVE l’a lue, voici ce qu’il faut en retenir :

 

 

Le périmètre de l’étude

Le rapport glassdoor sur la perception des inégalités salariales entre hommes et femmes prend appui sur un sondage mené auprès de 8000 salarié.es de différents secteurs dans 7 pays (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, paus Bas et Suisse).

 

Les questions qui leur ont été posées sont :

> Pensez-vous qu’il existe des écarts de rémunération entre femmes et hommes dans votre entreprise?

> Est-ce que la réputation d’une entreprise en matière de politique d’égalité salariale entre dans l’appréciation que vous vous faites de celle-ci au moment de candidater?

> Pour vous, quels sont les moyens de réduire les inégalités de rémunération entre femmes et hommes?

 

 

Les résultats #1 : 7 salarié.es sur 10 estiment qu’il n’y a pas d’inégalités salariales dans leur entreprise

70% des salarié.es des pays monitorés estiment qu’à travail égal, femmes et hommes de leur entreprise reçoivent un salaire équivalent.

Cette moyenne est tirée vers le haut par les Pays-Bas où l’on est 83% à penser que les inégalités salariales n’ont plus cours, mais sensiblement érodée par les résultats de la France, où l’on n’est que 65% à ne pas ressentir d’écarts manifestes de rémunération entre femmes et hommes.

 

Sans surprise, les chiffres varient aussi en fonction du sexe des sondé.es : les femmes sont partout plus nombreuses que les hommes à ressentir des inégalités de traitement. Toutefois, ce fossé de perception est plus ou moins creusé selon les pays : une quinzaine de points d’indice marque une forte divergence de ressenti des inégalités chez les femmes et chez les hommes, aux Etats-Unis ou en France, quand en Suisse, au Pays bas ou en Allemagne s’observe une certaine convergence des perceptions.

 

Mais dans l’ensemble, il y partout quasi-consensus (autour de 90%) pour dire que femmes et hommes doivent être rétribué.es de la même pour un travail similaire à niveau équivalent d’expérience. Rien n’est dit des arguments des irréductibles 4% à 8% qui s’opposent à ce principe!

 

 

Les résultats #2 : 63,5% des postulant.es hésiteraient à postuler dans une entreprise qui ne garantit pas l’égalité salariale

Pour la majorité des sondé.es, l’égalité salariale n’est donc plus une option. Ils sont même plus de 6 sur 10 à considérer comme inattractives les entreprises qui ne garantissent pas ce droit.

Là encore, femmes et hommes se montrent différemment exigents : près de 7 femmes sur 10 refuseraient de candidater si on ne leur promet pas l’égalité, quand à peine plus de la moitié des hommes en concevraient des scrupules au moment d’adresser leur CV.

 

Les chiffres varient en fonction du sexe, mais aussi des générations : pour plus de 80% des 15-24 ans dans les pays anglo-saxons, l’existence d’écarts salariaux constitue un sérieux frein au désir de postuler. Passé 45 ans, les individus de tous pays semblent davantage se faire une raison : ils sont moins de 60% à envisager les écarts salariaux qui ont cours dans une entreprise donnée comme une raison de renoncer à candidater.

 

 

Les résultats #3 : Pour réduire les inégalités salariales, on compte d’abord sur l’innovation sociale

Même si les temps sont durs et qu’il n’est pas forcément aisé de bouder une offre d’emploi au motif de pratiques salariales inéquitables dans l’entreprise recruteuse, on peut légitimement affirmer que l‘égalité professionnelle est devenue une préoccupation majeure des travailleuses et travailleurs.

Pour la rendre effective, ils et elles sont 30% à compter d’abord sur des politiques RH innovantes : c’est à l’entreprise de prendre en charge le problème et de repenser ses façons de voir et de faire pour devenir plus égalitaire. Ils et elles attendent en particulier davantage de transparence sur les rémunérations et les promotions.

Pour convaincre les dirigeant.es de passer à l’action, le législateur et la législatrice peuvent aussi mettre un petit coup de pression, selon 37% des personnes interrogé.es!

En revanche, toutes et tous sont plus timides quand il s’agit d’encourager les salarié.es à aller défendre directement leurs intérêts : 15% seulement pensent que les femmes obtiendront gain de cause en allant demander une augmentation, pas plus de 10, 5% croient en l’action collective des salarié.es pour lutter contre les inégalités et moins de 10% jugent utile de menacer de démissionner en signe de protestation contre les écarts salariaux!

 

 

 

 

Marie Donzel, pour le blog EVE. Avec la complicité de Françoise Teychenné (Groupe Caisse des Dépots)

 

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