La Fondation Orange œuvre à "l’insertion digitale" de toutes et tous

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Rencontre avec Brigitte Audy, Directrice Déléguée Mécénat & Solidarité d’Orange, Secrétaire Générale de la Fondation Orange

La Fondation Orange, créée en 1987, travaille sans relâche à lutter pour l’égalité des chances et à renforcer l’empowerment des populations.

Elle mène notamment des actions en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes et l’autonomisation des femmes par le numérique.

Pour en parler, nous avons rencontré Brigitte Audy, Secrétaire Générale de la Fondation Orange.

 

 

Eve le blog : Bonjour Brigitte. Le blog EVE aime à présenter des parcours inspirants à ses lectrices et lecteurs. Accepteriez-vous de nous raconter brièvement le vôtre?

Brigitte Audy : Je suis juriste de formation et j’ai effectué tout mon parcours au sein d’une même entreprise, à des fonctions très diversifiées.

J’ai rejoint cette entreprise quand elle était encore France Télécom, et y ai exercé différentes responsabilités fonctionnelles et opérationnelles (du corporate management au contrôle de gestion en passant par la finance et les RH), à Paris comme en régions. Au cours de ces années, j’ai vu ce groupe se transformer en même temps que notre monde changeait lui aussi radicalement de visage, avec la mondialisation, les évolutions de la société, le digital…

Même si toutes les entreprises ont muté, peu d’entreprises ont eu, comme Orange, à se transformer autant au cours des dernières décennies. Tout au long de mon parcours, je me suis passionnée pour ce mouvement, avec la conviction qu’il nécessitait un accompagnement et que celui-ci devait toujours articuler la dimension économique avec la dimension sociale.

Je me retrouve pleinement dans le projet d’entreprise de Stéphane Richard qui porte autant sur les moyens de relever les challenges que sur les résultats à atteindre.

 

 

Eve le blog : Est-ce cette fibre économico-sociale qui vous a attirée vers la Fondation ?

Brigitte Audy : J’avoue que, quand on m’a proposée, en 2014, de devenir Secrétaire Générale de la Fondation, c’est une orientation à laquelle je n’avais jamais pensé.

La Fondation, c’est un monde à part. Certes, elle porte les enjeux de la marque Orange mais n’a pas d’objectifs business. L’entreprise vous fait confiance, en vous allouant des budgets pour mener des actions de mécénat et de solidarité. Il y a une bascule intellectuelle à opérer quand vous prenez la responsabilité d’une Fondation d’entreprise : vous avez une feuille de mission mais les critères d’évaluation de votre action ne sont pas ceux du business. Ce sont ceux de l’impact social et sociétal, dans tout ce tout ce que ça a parfois d’immatériel, voire de culturel et même, pourrait-on dire, d’affectif au niveau collectif.

 

 

Eve le blog : Quelles sont les misions de la Fondation Orange ?

Brigitte Audy : Créée il y a près de 30 ans, la Fondation Orange a pour mission générale d’agir pour l’égalité des chances et couvre historiquement trois territoires : la santé, la culture et l’éducation.

 

Pour ce qui est de la santé, la Fondation est de longue date engagée sur la recherche sur l’autisme. Voyez, c’est un bon exemple de notre positionnement : l’autisme n’est pas un sujet grand public, ce n’est pas directement corrélé à l’activité du Groupe, mais le cœur du métier d’Orange, c’est la communication. La cohérence est là : c’est parfaitement porteur de sens pour la Fondation de contribuer à augmenter le niveau de connaissance sur un trouble qui touche aux interactions entre une personne et son environnement et de chercher à améliorer la qualité de vie des personnes avec autisme.

 

Une même logique de retour aux fondamentaux d’une entreprise qui a pour métier de faire circuler des contenus et de créer du lien, préside aux actions de la Fondations dans le champ de la musique et de la culture en général. Nous sommes le mécène de nombreux festivals (dont Avignon), nous accompagnons l’émergence de nouveaux artistes (Leonardo Garcia Alarcon ou Raphaël Pichon par exemple, sont des musiciens que nous soutenons depuis leurs débuts), nous avons un partenariat avec l’Opéra pour en démocratiser l’accès, nous travaillons encore avec de nombreuses salles de cinéma pour pouvoir offrir des places à prix compétitifs à des populations en difficulté.

 

 

Eve le blog : Quant au champ de l’éducation…?

Brigitte Audy : La thématique de l’éducation est en très fort développement dans la Fondation depuis quelques années. Nous intervenions déjà par le passé, notamment dans les pays en voie de développement, pour renforcer l’empowerment des populations, en particulier de femmes, et plus spécifiquement via l’entrepreneuriat.

Au cours de l’année 2015, sans abandonner ce type d’actions, nous avons reformulé notre feuille de mission éducation et décidé de prendre pour fil conducteur le digital. Nous savons que la révolution digitale peut être un facteur de progrès social et contribuer à l’égalité des chances… A condition que les populations vulnérables y aient pleinement accès, du point de vue des outils mais aussi des usages.

Nous avons identifié deux cibles prioritaires : les jeunes en rupture scolaire et professionnelle et les femmes en situation de précarité.

 

 

Eve le blog : De quelle façon, concrètement, agissez-vous pour l’insertion digitale de ces populations?

Brigitte Audy : Nous avons quatre programmes d’éducation numériques internationaux. Pour chacun de ces programmes, nous équipons, accompagnons et proposons des parcours de formation.

Trois sont à destination des jeunes : les « fablabs solidaires » qui donnent accès à tous les outils du « faire » à l’ère digital (de l’imprimante 3D à l’atelier de découpe/soudure en passant par le logiciel open source), permettent de se retrouver entre pairs pour bâtir des projets innovants (nous avons aujourd’hui 51 « fablabs solidaires » dans le monde) et de développer des compétences numériques pour faciliter l’accès à l’emploi ; les « écoles numériques »  qui consistent à équiper les écoles d’Afrique dépourvues de livres et d’internet avec des kits d’éducation numériques, des tablettes, des serveurs Raspberry, des contenus numériques ; et le programme « Ensemble pour l’insertion des jeunes » qui implique nos jeunes salarié.es dans des actions de bénévolat auprès d’autres jeunes qu’ils forment à l’utilisation des outils et usages numériques pour chercher du travail, valoriser leurs compétences, construire leur réseau, s’approprier les comportements attendus en milieu professionnel.

Nous avons un quatrième dispositif de formation numérique, à destination cette fois-ci des femmes : les « Maisons Digitales ».

 

 

Eve le blog : Entrons dans le détail. Que sont exactement ces Maisons Digitales?

Brigitte Audy : Ce sont d’abord des lieux, physiques. On sort de chez soi pour s’y rendre et ce n’est pas sans importance pour des femmes dont le cadre de vie personnel n’est pas toujours épanouissant ni même sécurisant et/ou qui n’ont que peu d’occasions de sortir du domicile et de rencontrer d’autres personnes que le strict cercle familial.

Dans ces Maisons, on peut participer à des ateliers de formation numérique pour acquérir des compétences de base en gestion, marketing etc., pour faciliter sa recherche d’emploi, une prise d’un poste après une interruption de carrière ou une création d’entreprise. L’objectif final étant de donner aux femmes les moyens de leur autonomisation financière.

 

 

 

Eve le blog : Comment fonctionnent les Maisons Digitales?

Brigitte Audy : Nos Maisons Digitales fonctionnent pour la plupart en partenariat avec des associations ou des institutions. Ensemble, nous définissons des priorités, selon besoins de la population locale.

Dans certains cas, le premier besoin sera l’alphabétisation, pour apprendre ou réapprendre à lire et à écrire à des personnes qui n’ont pas été longtemps à l’école ou qui n’ont pas eu l’occasion de pratiquer suffisamment l’écrit pour se sentir à l’aise avec. N’oublions pas que le web est un univers où l’écrit est omniprésent et qui est donc potentiellement très hostile pour qui les mots représentent une difficulté. Dans d’autres cas, le besoin sera à la maîtrise des outils bureautiques et de gestion courante. Dans les Maisons qui sont plus orientées entrepreneuriat, on va travailler les potentialités du digital pour le développement de projet, la commercialisation, la communication…

Ensuite, on monte une formation sur mesure qui sera dispensée par des bénévoles.

 

 

Eve le blog : Qui sont ces volontaires qui s’impliquent dans les actions de la Fondation Orange?

Brigitte Audy : 8000 salarié.es de l’entreprise, pour commencer, interviennent en dehors de leur temps de travail, de façon complètement bénévole.

Nous avons aussi un millier de salarié.es qui s’engagent dans du mécénat de compétences : ce sont des collaborateurs et collaboratrices qui restent dans les effectifs d’Orange, sont rémunéré.es par Orange mais détaché.es dans des associations partenaires de la Fondation. C’est une contribution très précieuse pour le monde « non-profit » qui va bénéficier de l’expérience, des méthodologies, du réseau relationnel de ces professionnel.les aguerri.es pour monter en efficacité et en puissance.

 

 

Eve le blog : Et est-ce que, de l’autre côté, les salarié.es investi.es dans les programmes de la Fondation Orange, disent à leur tour en tirer des bénéfices?

Brigitte Audy : Bien sûr, à une époque où tout le monde exprime le besoin de sens et d’engagement, pouvoir rencontrer des personnes d’horizons multiples, donner du temps et du savoir-faire dans des univers différents du cadre professionnel et participer à des actions philanthropiques, c’est inspirant et ressourçant.

Il y a une vraie fierté chez les salarié.es du groupe engagées aux côtés de la Fondation. Et une vraie dynamique s’est enclenchée. Pour exemple, nous avons lancé des appels à projets solidaires pour que les collaborateurs et collaboratrices nous proposent des projets portés par des associations dont ils sont bénévoles. En 2015, nous avons pu accompagner 83 de ces projets dont les salariées étaient directement à l’initiative.

 

 

Propos recueillis par Marie Donzel, avec le soutien de Roxane Adle et Christelle Cloarec.

 

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