"Prendre ses responsabilités, refuser les culpabilités"

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Rencontre avec Sara Righenzi, Associée audit – KPMG Lyon

 

 

Ils sont 30. 30 nouveaux associés juste nommés chez KPMG. Dont 5 femmes. 5 EVEsien-nes, en l’occurrence.

Les équipes de la direction des Ressources Humaines de KPMG, la direction de la communication de KPMG et le blog EVE s’associent (!) pour mettre en lumière ces 5 figures de leadership affirmé, éclairé et équilibré. Elles ont chacune accepté de témoigner de leur parcours, d’évoquer leur participation au Programme EVE et de livrer leurs conseils à celles et ceux qui aspirent à progresser dans leur carrière.

Après notre interview de Nathalie Baumgaeterner-Dutang, rencontre avec Sara Righenzi, Associée Audit – KPMG Lyon

 

 

 

 

Eve le blog : Bonjour Sara. Félicitations pour votre récente nomination ! Racontez-nous le parcours qui vous y a menée…

Sara Righenzi : Après mes études en école de commerce, j’ai travaillé un an dans la grande distribution, avant de rejoindre KPMG, en 1997.

J’y ai débuté comme assistante audit et au bout de 2 ans, j’ai commencé à travailler sur des missions de transaction. Puis je me suis beaucoup occupée, au sein du cabinet, de l’implémentation en France des nouvelles normes de contrôle interne internationales.

Je suis devenue signataire en 2010 et pendant 5 ans, mes activités se sont réparties pour moitié entre le mid-market et les grands comptes. Maintenant je me suis recentrée sur les sociétés internationales et les sociétés cotées. Au cours de ce parcours professionnel, j’ai eu 3 enfants.

 

 

Eve le blog : Avez-vous trouvé parfois difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale ?

Sara Righenzi : Je suis toujours partie du principe qu’il faut faire des enfants quand on en a envie, puisque que de toute façon, ce n’est jamais le “bon moment”.

Si vous êtes sur cette ligne-là, la question, ce n’est pas “Un enfant ou pas ? Maintenant ou dans un an ? Avant ou après ma promotion ?”, c’est “comment s’organiser pour que chacun des conjoints s’implique et puisse poursuivre sa carrière?”. En mettant en place un système de garde souple, ça c’est pour l’aspect pratique, mais aussi de façon plus générale, en adoptant une attitude plus flexible, à la maison comme au travail, où on doit être là pour ce qui est important, mais où on ne peut pas être là tout le temps ; où tout ne peut pas être toujours parfait non plus.

J’aime l’exigence mais je refuse le perfectionnisme ; je prends mes responsabilités, mais je repousse les culpabilités. Et j’ai la conviction que je serai toujours une meilleure mère pour mes enfants si je suis équilibrée et que je m’éclate dans ce que je fais !

Mais, quand il y a quelques années, j’ai participé au Groupe “Diversité & Carrière” de KPMG (ndlr : qui a préfiguré le Programme Emergence), j’ai pris conscience que ce qui est assez naturel pour moi, posait de vraies difficultés à certaines femmes. Il y a encore beaucoup trop de femmes qui subissent une pression familiale et sociale quand elles travaillent et ont une carrière. Face à ça, l’entreprise peut bien sûr prendre des mesures pour faciliter la conciliation des temps de vie, mais elle ne peut le faire toute seule : il y a un vrai travail citoyen à mener pour libérer les femmes de la pression.  

 

 

Eve le blog : Vous avez aussi participé à la première édition d’EVE. Qu’en avez-vous retenu ?

Tal Ben-Shahar

Sara Righenzi : C’était génial, c’était la première année, on ne s’attendait à rien… Et on a pris une sacrée claque. Sur le plan intellectuel, car étaient posées des questions pour certaines très nouvelles pour moi, et cela avec beaucoup d’intelligence ; sur le plan émotionnel, aussi, avec tout ce travail sur le développement de soi pour mieux contribuer au développement des autres.

Ce fut une vraie prise de conscience de mes responsabilités de manager qui m’a permis de définir la leader que je veux être, une personne qui véhicule de vraies valeurs pour avoir un impact positif. Je reste très marquée par l’intervention de Tal Ben Shahar : apprécier les choses pour leur donner de la valeur. Voir le bon et le dire.

Dans un métier comme le nôtre, qui consiste en quelque sort à rechercher tout le temps la petite bête, à identifier le point qui ne va pas dans tout un énorme travail, c’est essentiel de se souvenir que ce que nous faisons, de la règle parfois très stricte, parfois très rigide, ça ne doit pas être aussi ce que nous sommes. Et j’ai acquis la conviction que nous serons bien plus performants dans notre métier de rigueur si nous savons être souples dans le management et les relations humaines.

 

 

Eve le blog : A quel moment avez-vous décidé de devenir Associée ?

Sara Righenzi : Je crois que j’en ai toujours eu envie. J’ai eu la chance de toujours me plaire chez KPMG, de progresser régulièrement et d’avoir des chef.fes qui me manifestaient de la reconnaissance et me mettaient en visibilité. Qui m’ont poussée aussi : à faire du réseau, à développer de nouvelles compétences (comme la prise de parole en public au travers de formations que l’on m’a encouragée à donner), à sortir la tête du guidon pour prendre du recul et regarder loin, à aller dans mes zones d’inconfort, pour gagner en audace.

Les choses se sont faites l’une après l’autre, j’ai eu la chance d’avoir une telle variété d’expériences chez KPMG que je ne me suis jamais ennuyée pendant ce parcours… Pour moi, le passage Associée, c’est vraiment une aventure heureuse, de bout en bout. Et ce n’est que le début d’une nouvelle aventure.

 

 

Eve le blog : Dans les faits, ce statut d’Associée vous positionne en “rôle modèle” pour d’autres, en particulier pour d’autres femmes qui n’osent peut-être encore assumer pleinement leur ambition. Comment recevez-vous cela ?

Sara Righenzi : Avec fierté, vis à vis de moi-même qui ait atteint un de mes objectifs ; et vis à vis des autres, des autres femmes en particulier en effet, à qui j’espère donner envie et que je veux encourager dans leur parcours.

Je suis prête à endosser cette fonction de “rôle modèle” , c’est une responsabilité. On passe Associée pour cela aussi, pour porter la culture du cabinet et faire avancer les grands sujets qui sont à son agenda, dont la féminisation du leadership est un enjeu clairement exprimé.

 

 

Eve le blog : Quelle vision avez-vous du leadership d’avenir ?

Sara Righenzi : Nous sommes dans un moment de grandes évolutions du leadership. Celui que j’ai connu au début de ma carrière, n’a plus d’effet sur les nouvelles générations : le pouvoir du sachant, la légitimité par le statut, l’ordre vertical, on voit bien que ça ne marche plus avec des populations hyper connectées, multi-culturelles et surtout en demande de sens.

Je crois donc que c’est cela que le leadership d’avenir doit apporter : du sens. Et des émotions aussi : de l’envie, de la passion, du plaisir dans le travail. Les anciennes générations ont été élevées dans l’idée de l’obéissance, la nôtre s’est construite dans la conviction que les choses ont une raison et une utilité, celles qui arrivent demandent qu’on fasse aussi de la place à l’irrationnel

Et je crois que ça va d’ailleurs faire du bien à tout le monde : nous avons tous des émotions qui ne demandent qu’à s’exprimer, les jeunes vont faire ce cadeau à leurs aînés, la libération de l’expression des émotions.

 

 

 

Propos recueillis par Marie Donzel, pour le blog EVE. Avec la complicité d’Adeline Henri, Sylvie Bernard-Curie et Blandine Neouze (KPMG).

 

 

 

 

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