Votre revue de web de mai 2021

eveprogramme Actualité, Dernières contributions, EVE le Blog

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu mixité, égalité, parité et équilibre des genres ces dernières semaines ? Pas de souci, la rédaction du webmagazine EVE vous propose une synthèse des infos qu’il ne fallait pas manquer…

Sachez que vous pouvez aussi retrouver une veille régulière de l’actu sur la page LinkedIn de notre programme.

La femme du mois : Joséphine Baker, peut-être au Panthéon bientôt…

« Osez Joséphine », c’est le nom de la pétition lancée à l’occasion des célébrations du 8 mai 1945 pour faire entrer Joséphine Baker au Pantheon. La pétition a déjà recueillie plus de 30 000 signatures. Pourquoi elle et pourquoi maintenant ? Parce que, explique l’essayiste Laurent Kupferman à l’origine de la pétition : « Joséphine Baker était une femme libre et engagée, féministe, résistante et une militante engagée contre le racisme et l’antisémitisme. Dans un monde replié sur lui-même où les communautarismes et le racisme sont exacerbés, son combat trouve aujourd’hui une résonance toute naturelle. »

L’artiste afro-américaine, disparue en 1975, s’était fait connaître en dansant nue avec pour seul accessoire une ceinture de bananes. Sa personnalité tonitruante et sa beauté firent d’elle la première star internationale noire dans les années 1930.  Mariée en 1937 avec un Français, elle participa ensuite activement à la Résistance comme agent de renseignement. Victime de ségrégation raciale lorsqu’elle se produit aux États-Unis, elle soutient toutes les causes antiracistes. Appliquant ses préceptes de tolérance à elle-même, elle adopte douze enfants d’origines et de religions différentes pour façonner ce qu’elle appelait « la famille arc-en-ciel ».  Bref, un sacré « rôle modèle » à suivre sans modération et qui mériterait d’inscrire son nom parmi les 80 « panthéonisés », dont seulement cinq sont des femmes.

La question du mois : Mais qui va garder les enfants ?

Au 1er juillet 2021, les employeurs auront l’obligation d’accorder aux jeunes papas un congé paternité de 28 jours au lieu des 14 déjà effectifs. Outre l’allongement, le point à retenir de ce dispositif est le fait que les employeurs seront dans l’obligation d’accorder un congé de sept jours « immédiatement après la naissance de l’enfant ». Les employés pourront ensuite fractionner les 21 jours restants en deux périodes. Un volet mis en avant par le gouvernement qui y voit un moyen de réduire les inégalités entre les pères en CDI et ceux dont la situation est plus précaire. En effet, seuls sept hommes sur dix prenaient jusqu’à maintenant leurs congés paternité et 88% d’entre eux étaient fonctionnaires.

Pour autant, cela les incitera-t-ils à prendre également leur congé parental de six mois, dans le cadre de la PreParE (Prestation partagée d’éducation de l’enfant) ? Actuellement, ils ne sont que 0,8% à prendre ce congé à temps complet et 0,9% à temps partiel. Bien loin des 25% affichés par les objectifs de cette loi. Votée en 2014, elle devait inciter les pères à se consacrer davantage à leurs tâches parentales et permettre aux femmes de retourner sur le marché du travail, afin de réduire les inégalités professionnelles liées à l’arrivée d’un enfant. Mais avec moins de 400 euros mensuels de compensation, le dispositif n’a pas séduit ces messieurs.

Avis aux intéressés : le 10 juin prochain, un webinair organisé par Le Réseau d’Études Pluridisciplinaires sur les Paternités et les Maternités (Reppama) propose de s’interroger notamment sur le thème « Suis-je un homme si j’entretiens mon enfant au quotidien ? »

Le débat du mois : Les quotas pour imposer des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises sont-ils vraiment une bonne idée ?

Entre les ambitions du gouvernement et les citoyens, la question des quotas pour les plus hauts postes en entreprise divise. 63% des Français se disent contre, d’après un sondage réalisé par Kantar à l’occasion des Assises de la Parité qui se sont tenues le 6 mai. Le gouvernement, lui, soutient la proposition de loi déposée par la députée Marie-Pierre Rixain  dont l’objectif est d’imposer 30 % de femmes à ces postes d’ici cinq ans, puis d’atteindre 40 % d’ici huit ans.

La politique des quotas s’est pourtant avérée efficace concernant la place des femmes dans les conseils d’administration. Dix ans après l’adoption de la loi ,Copé-Zimmermann, elles occupent aujourd’hui plus de 45 % des sièges. Mais la parité n’a pas « ruisselé » jusqu’aux comités de direction et comités exécutif, autrement dit, jusqu’aux véritables centres du pouvoir économique. « Il ne faut pas que le conseil d’administration soit l’arbre qui cache la forêt […]. Maintenant, il faut être capable de passer à la vitesse supérieure et donc de rentrer dans une logique plus ambitieuse qui passe par les quotas », a expliqué Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, le 18 janvier dernier à l’Assemblée nationale.

Reste à convaincre les Français qui reconnaissent que la parité en entreprise est certes un sujet (86%) mais qu’il vaudrait mieux changer les mentalités plutôt que d’imposer des quotas. Tâche probablement ardue puisque, toujours dans ce même sondage, 23% des jeunes interrogés estiment qu’il y a des différences de compétences entre les femmes et les hommes sur la direction des entreprises.

La prise de position du mois : Un congé menstruel pour des fonctionnaires catalanes

Les fonctionnaires de la municipalité de Gérone, en Catalogne, vont être les premières en Europe à bénéficier officiellement d’un congé menstruel. Huit heures par mois, qui seront ensuite récupérées sur trois mois de travail, elles pourront s’absenter sans empiéter sur leurs congés payés habituels.

Nouveauté en Europe mais pas ailleurs dans le monde où certaines entreprises ont depuis plusieurs années initié ce type de congé. Nike a ainsi pris des mesures similaires dès 2007 pour les salariées de l’ensemble de ses usines. Comme la société digitale Culture Machine en Inde depuis 2017, suivie en 2020 par Zomato, l’une des plus grandes plateformes internationales de commande de repas en ligne, qui a introduit des congés spéciaux de dix jours par an pour les femmes (35 % du total de ses 4.000 salariés) qui souffriraient pendant leurs règles.

Quant à la France, cela pourrait bien arriver. Une entreprise de Montpellier a déjà instauré depuis le début de l’année un congé menstruel de 24 heures minimum pour des règles douloureuses. Une initiative qui n’est pas encore inscrite dans le Code du travail français ni dans les conventions collectives mais qui pourrait bientôt faire tache d’huile. Au grand dam des associations féministes estimant que ces dispositifs stigmatisent les femmes et leurs règles, érigées pour l’occasion en stéréotype. Les employeurs, craignent-elles, pourraient privilégier le recrutement de salariés masculins, compte tenu de la multiplication des congés (grossesse et accouchement notamment) à destination des salariées femmes. A suivre…

L’initiative du mois : Le plus grand rassemblement virtuel au monde de femmes dans la tech.

Pour la première fois en 20 ans d’existence, le  Grace Hopper Celebration, le plus grand rassemblement au monde de femmes dans la Tech, élargit son public et son influence à l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Du 25 au 27 mai a eu lieu la première édition outre-Atlantique entièrement virtuelle, contexte sanitaire oblige. Du nom d’une pionnière américaine de l’informatique, Grace Hopper, l’organisation à but non lucratif a pour « priorité absolue de soutenir toutes les femmes dans la Tech et de parvenir à une parité entre les sexes et les salaires, explique sa co-fondatrice Anita Borg. Atteindre et soutenir de nouveaux membres dans le monde entier renforce le pouvoir de notre communauté et construit un monde de technologies inclusif. » Le Grace Hopper Celebration a pendant trois jours proposé des ateliers, des conférences et des expositions inspirantes pour toutes les femmes dans la tech.